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Coronavirus: un salarié français sur cinq est au chômage partiel selon la ministre du Travail

La plateforme Mobilisationemploi a été lancée ce jeudi

La plateforme Mobilisationemploi a été lancée ce jeudi - Mobilisationemploi.gouv.fr

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a annoncé ce jeudi sur France Info que 400.000 entreprises et 4 millions de salariés étaient désormais au chômage partiel en France.

400.000 entreprises ont obtenu de l'Etat le placement en chômage partiel de 4 millions de salariés, a indiqué ce jeudi la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, sur France Info. Le taux de chômage partiel atteint ainsi désormais 20% du total des salariés de France, a-t-elle fait savoir.

Pour rappel, un salarié au chômage partiel perçoit en principe 84% de son salaire net (100% s’il est au Smic). L’Etat a promis de d'indemniser totalement les entreprises de leurs versements, et quelques-unes d'entre elles, comme Hermès et Chanel, vont ajouter aux dédommagements de l'Etat pour garantir 100% de leur paie aux salariés en chômage partiel. 

11 milliards d'euros sur trois mois

"Les chiffres de ce matin, qui sont encore en progression très forte, c'est 400.000 entreprises et quatre millions de salariés", a déclaré Muriel Pénicaud. "C'est une montée en puissance extrêmement forte. Ca veut dire qu'il y a un salarié sur cinq du secteur privé, entreprises ou associations, qui est au chômage partiel", a-t-elle poursuivi.

Mardi soir, le recours à l'activité partielle, sur laquelle mise le gouvernement pour éviter des licenciements, avait été demandé par 337.000 entreprises pour 3,6 millions de salariés.

Interrogée sur le coût de cette mesure pour les finances publiques, Muriel Pénicaud n'a pas donné de chiffre mais a assuré que l'Etat paierait "coûte que coûte". Interrogé mercredi, son entourage avait évoqué une dépense potentielle de 11 milliards d'euros sur trois mois. Ces dépenses seront assumées aux deux tiers par l'Etat, et à un raison d'un tiers par l'Unedic.

Les décharges de responsabilité inutiles

Sur France info, Muriel Pénicaud a par ailleurs critiqué les initiatives de certains employeurs, qui tentent de faire revenir travailler leurs salariés en leur faisant signer des décharges de responsabilité où ces derniers s'engagent à ne pas les poursuivre s'ils contactent le covid-19.

"Ca ne sert à rien, ça n'a aucune valeur juridique", a insisté la ministre, en rappelant que la responsabilité des employeurs portait de toutes façons uniquement sur les "moyens" de protection mis en place face au coronavirus.

"Un employeur n'est pas responsable si un salarié tombe malade et attrape le coronavirus, qui peut malheureusement être attrapé partout". Mais "s'il n'a pas mis en place le guide de bonnes pratiques, les gestes barrière, à ce moment là il engage sa responsabilité", a-t-elle rappelé.

"On ne va pas travailler dans n'importe quelles conditions. C'est normal et ce n'est pas nouveau", a-t-elle conclu.

Nina Godart avec AFP