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Coronavirus: pourquoi les prix des masques devraient fortement baisser à la rentrée

Les enseignes de la grande distribution promettent des baisses de prix à la rentrée

Les enseignes de la grande distribution promettent des baisses de prix à la rentrée - DENIS CHARLET © 2019 AFP

N'ayant plus besoin de se fournir dans l'urgence, les enseignes de la grande distribution sont parvenues à réduire leurs coûts d'approvisionnement. De quoi leur permettre de baisser les prix des masques.

Les Français retournent dans les rayons pour se procurer des masques. Après avoir atteint un niveau record de 37 millions d’euros la semaine du déconfinement du 11 au 17 mai, le chiffre d’affaires de la grande distribution sur ce produit avait progressivement chuté à 9 milliards d’euros la semaine du 22 au 28 juin.

Mais le masque a depuis été rendu obligatoire dans les lieux publics clos et, plus récemment, dans certaines zones extérieures particulièrement fréquentées. Résultat, les ventes sont reparties à la hausse avec un chiffre d’affaires de 27 millions d’euros dans les grandes surfaces la semaine du 13 au 19 juillet et de 24 millions entre le 20 et le 26 juillet, selon le panéliste Nielsen.

Et la tendance devrait s’accentuer à la rentrée, prédisent les géants de la grande distribution dans le Journal du Dimanche alors que les craintes d’une deuxième vague épidémique sont de plus en plus palpables. Dans ces conditions, tous continuent de s’approvisionner afin d’être prêts le moment venu. Une anticipation qui leur permet de faire des économies et d’envisager de facto des baisses de prix, rapporte l’hebdomadaire dominical.

Livraisons décalées

Car contrairement au début de la crise sanitaire, lorsqu’elles ont dû s’approvisionner en urgence pour satisfaire la demande, les enseignes de la grande distribution disposent encore de stocks importants et peuvent passer de nouvelles commandes auprès de leurs fournisseurs en acceptant d’être livrées dans plusieurs semaines par bateau plutôt que par avion. De quoi réduire significativement leurs coûts. Sans oublier que l'offre de masques est désormais considérable à travers le monde et qu'il n'est plus nécessaire de batailler pour s'en procurer.

Cette baisse des coûts sera répercutée sur les prix, promettent les différents acteurs du commerce. "Les masques vont devenir un produit d’appel au même titre que le Coca-Cola ou le Nutella, toutes les enseignes s’apprêtent à faire des offres commerciales pour la rentrée", explique au JDD Thierry Cotillard, président des enseignes Intermarché et Netto.

Actuellement fixés à 25 euros en moyenne pour une boîte de 50 masques, les prix pourraient être divisés par deux. Intermarché prévoit déjà de consacrer une page entière de son prospectus promotionnel prévu fin août à son offre de masques qui proposera à la fois des masques en tissu, des boîtes de 10 masques chirurgicaux pour les enfants ainsi que des lots de 10 et 50 masques chirurgicaux pour les adultes. Son concurrent Carrefour anticipe lui aussi des prix plus abordables au mois de septembre mais dit ne pas vouloir "entrer dans une compétition des enseignes sur ce produit".

Si la plupart des enseignes promettent des baisses de prix, aucune ne souhaite pour l’instant en préciser l’ampleur. Quoi qu’il arrive, il faudra patienter encore un peu avant qu'elle se concrétise. En effet, les enseignes qui commencent à recevoir leurs commandes doivent d’abord écouler les stocks de masques reçus pour un coût plus élevé au plus fort de la crise sanitaire. Et impossible pour elles de vendre à perte.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco