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Suicide sur Periscope: "C'est un peu comme si elle mettait en scène à quel point on l'avait détruite"

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Une jeune fille de 19 ans s'est suicidée mardi en se filmant en direct sur Periscope, une application de vidéos. La victime aurait évoqué un viol de la part de son ex-compagnon. La psychiatre Muriel Salmona était invitée ce matin dans Bourdin Direct.

Mardi après-midi, Océane, 19 ans, s'est jetée sous un RER. Un suicide qu'elle a filmé et diffusé en direct sur l'application Periscope. Quelques instants avants, elle avait annoncé "un événement" sans donner plus de précisions.

La jeune fille aurait été victime d'un viol de son ex-compagnon. Un viol filmé et diffusé sur les réseaux sociaux. Selon la psychiatre Muriel Salmona, ce suicide, "c'est un peu comme si elle mettait en scène à quel point on l'avait détruite". "Elle veut monter à son les conséquences de ses actes en direct", explique-t-elle.

Ce genre de harcèlement, le "revenge porn qui consiste à mettre en ligne ses ébats sexuels à l'insu d'une personne entraîne un harcèlement et une atteinte très grave à la dignité", explique-t-elle aussi.

"Dissociées comme si leur vie s'était arrêtée"

"Souvent les victimes de viol disent qu'elles sont déjà mortes. Elles sont complètement dissociées comme si leur vie s'était déjà arrêtée. Elles sont émotionnellement anesthésiées, ce qui permet des passages à l'acte comme ça", analyse la psychiatre.

Et avec les réseaux sociaux, le risque de cyber-harcèlement est très présent, notamment chez les jeunes. "C'est pour cela que l'on demande des lois plus efficaces, et qu'on demande à Twitter, à Facebook, à tous les réseaux beaucoup plus de garanties", dit Muriel Salmona.

"Periscope est un bel outil de partage mais ça peut-être aussi une zone de non-droit quand il y a des vidéos qui portent atteinte à la dignité des personnes ou du harcèlement. La vie de tous les jours est reportée sur ces réseaux".