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Rien ne va plus chez American Apparel

La marque American Apparel, dont l'un des arguments de vente est de produire toutes ses collection aux Etats-Unis, est en train de vivre un cauchemar américain

La marque American Apparel, dont l'un des arguments de vente est de produire toutes ses collection aux Etats-Unis, est en train de vivre un cauchemar américain - Andrew Burton - AFP

La marque de vêtements "made in America" a indiqué qu'elle pourrait manquer de cash pour honorer ses dettes dans moins d'un an. La faute à des ventes en recul et au conflit qui l'oppose à son ex-dirigeant.

La situation financière d'American Apparel, chantre du "made in America", a empiré au point que le groupe pourrait être à court de liquidités pour honorer ses engagements dans les douze prochains mois, selon un document boursier consulté mercredi. A Wall Street, cet avertissement faisait plonger le titre de 33,35% à la mi-journée ce mardi.

Le groupe californien, en conflit ouvert avec son ex-patron et fondateur Dov Charney, indique que sa trésorerie était de seulement 13 milliards de dollars (11,6 milliards d'euros) à fin juin dont une ligne de crédit de 6 milliards accordée par la banque Capital One. Les choses vont tellement mal que la société ne pourra pas envoyer à temps, avertit-elle, son rapport d'activités trimestriel au gendarme de la Bourse, la SEC, comme l'exige la loi.

L'entreprise, qui comptait 239 magasins dans une vingtaine de pays à travers le monde dont 135 aux Etats-Unis à fin mars, explique que pour survivre elle doit procéder à un nouveau tour de table et restructurer sa dette. 

20 plaintes déposées contre l'entreprise

"L'entreprise ne s'attend pas actuellement à avoir les engagements financiers suffisants (de la part des créanciers) pour financer ses besoins dans les douze prochains mois sans avoir à procéder à une augmentation de capital, à entrer dans une certaine forme de transaction financière", prévient American Apparel. Et "même si de telles transactions ou accords sont trouvés, les nouveaux et actuels créanciers de l'entreprise pourraient essuyer des pertes soit partielles soit totales de leurs investissements", développe encore le groupe.

American Apparel a évité la banqueroute pour l'instant grâce à des injections de fonds de la banque Capital One et du fonds d'investissement new-yorkais Standard General. Début juillet, le groupe a annoncé un plan de réduction de coûts comprenant des fermetures de magasins et des suppressions d'emplois pour faire face à une érosion de ses ventes. Mais celles-ci ont reculé de 17% sur un an à 134 millions de dollars au deuxième trimestre, selon des estimations fournies mercredi par le groupe. La perte trimestrielle s'est creusée à 19 millions de dollars contre 16 millions à la même période un an plus tôt.

Outre sa situation financière, American Apparel doit aussi composer avec le conflit qui l'oppose depuis un an à Dov Charney, évincé en décembre dernier alors qu'il faisait l'objet d'accusations de harcèlement sexuel. L'ex-patron et fondateur de la marque a déposé 20 plaintes contre le groupe qu'il a fondé en 1989 à Montréal mais qui est basé à Los Angeles.

N.G. avec AFP