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Michel Edouard Leclerc: "la crise va durer, il faut adapter notre offre"

Michel Edouard Leclerc était l'invité d'Hedwige Chevrillon dans Le Grand Journal, ce 23 septembre.

Michel Edouard Leclerc était l'invité d'Hedwige Chevrillon dans Le Grand Journal, ce 23 septembre. - BFM Business

Le président des centres E. Leclerc estime que le pouvoir d'achat des Français va encore rester faible pour deux à trois ans. Il estime que la grande distribution doit adapter ses prix à cette situation.

Michel-Edouard Leclerc affiche son pessimisme quant à une sortie de crise rapide en France. Le dirigeant des centres E. Leclerc a évoqué un "marché stagnant", ce mardi 23 septembre sur BFM Business. Une inertie partie pour durer selon lui.

En ce mois de rentrée, traditionnellement un des meilleurs de l'année, Michel-Edouard Leclerc s'attend à des "chiffres négatifs pour la distribution en septembre, pour le troisième mois consécutif. J'appréhende une retenue de la conso très forte".

"Les remontées de chiffre d'affaires des concurrents et les nôtres laissent présager qu'il n'y aura pas de croissance de la consommation, et même qu'on sera sur un léger négatif", déplore-t-il encore.

Baisse des prix de 0,8% dans la grande distribution

"Nous pensons que la crise est là encore pour deux ans, trois ans, donc nous avons adopté une stratégie en conséquence", indique Michel Edouard Leclerc. Il rappelle que "tout le monde nous avait critiqué: 'Leclerc vend trop peu cher, Leclerc nous empêche de gagner de l'argent'. Aujourd'hui, l'ensemble de la distribution ajuste ses prix à une crise du pouvoir d'achat", estime-t-il.

L'Insee lui donne raison: selon l'institut de la statistique, les prix ont baissé de 0,8% en un an dans la grande distribution.

Mondelez n'aura pas sa hausse de prix

"Je crois que cette situation n'est pas conjoncturelle, mais qu'elle va au contraire durer longtemps. Donc cela ne sert à rien de demander des hausses de prix. Par exemple un fournisseur de café, Mondelez pour ne pas le citer, nous réclame 26% de hausse. Il ne les aura pas. Comme il ne les a pas, il nous sucre ses produits de nos rayons. C'est sûr que ça va friter".

"Ça va durer, donc il faut configurer notre offre auxbesoins des consommateurs", plaide le dirigeant des supermarchés Leclerc.

Face aux critiques selon lesquelles son groupe ferait pression sur ses fournisseurs, il a la parade: "l'idée selon laquelle on ne peut vendre moins cher qu'en ayant tordu le coup des industriels est une idée de propagande des industriels. Leclerc ne vend pas cher, mais d'autres distributeurs qui achètent aux mêmes conditions vendent plus cher". 

N.G.