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McDonald's accusé de fraude fiscale… par ses propres salariés

Les salariés de McDo en ont assez que les pratiques fiscales de leur employeur les empêchent de toucher des primes d'intéressement.

Les salariés de McDo en ont assez que les pratiques fiscales de leur employeur les empêchent de toucher des primes d'intéressement. - Justin Sullivan - AFP

Les pratiques d'optimisation fiscale du géant du fast food en France lui éviteraient de déclarer des bénéfices, et donc de verser des primes d'intéressement aux salariés. Ces derniers en appellent donc à la justice.

Les salariés français du géant du fast food en appellent à la justice pour enfin toucher des primes. Les élus du comité d'entreprise de McDonald's Ouest Parisien ont déposé plainte ce jeudi 17 décembre pour blanchiment de fraude fiscale et abus de biens sociaux, mettant en cause des pratiques fiscales rendant "impossible" tout bénéfice et donc tout intéressement des salariés, a-t-on appris de source syndicale.

La plainte a été déposée à Paris auprès du procureur de la République financier "pour blanchiment de fraude fiscale en bande organisée", a précisé Eva Joly, avocate du CE composé en majorité d'élus Unsa et CGT, aux côtés de son confrère Pierre Lumbroso.

C'est un "enjeu de société parce que les conditions de travail chez McDo souffrent du fait qu'il n'y a pas de bénéfices", a ajouté la députée européenne, ancienne magistrate du pôle financier et candidate EELV à la présidentielle en 2012.

Pas le moindre euro de participation aux bénéfices

"Depuis la création de notre entreprise, aucun salarié n'a pu percevoir le moindre euro de participation sur les bénéfices, ceux-ci étant inexistants d'un point de vue comptable", écrit le CE McDonald's Ouest parisien (16 restaurants, 900 salariés) dans un communiqué. Des rapports d'expertise du CE "montrent un système de flux financiers qui circulent entre restaurants et maison mère de façon à affaiblir chacun de nos restaurants" avec, pour conséquence, "pas de bénéfices, donc pas d'impôts sur les sociétés et pas de prime de participation pour les salariés", a expliqué Gilles Bombard, secrétaire général CGT McDonald's Paris et Ile-de-France.

Selon le communiqué du CE, "l'excédent d'exploitation réalisé chaque année est de l'ordre de 20% du chiffre d'affaires en moyenne, mais chaque restaurant verse des redevances exorbitantes à une société défiscalisante basée au Luxembourg à hauteur de 22% du chiffre d'affaires en moyenne. Le bénéfice est donc impossible". "Le manque à gagner pour les salariés est grand. Pour l'État français, il est colossal", souligne le communiqué. La plainte vise aussi les chefs de comptes inexacts, faux et usage de faux, et recel.

N.G. avec AFP