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Les viticulteurs bordelais veulent en finir avec le vin à moins de 3 euros

Les bouteilles de vin de Bordeaux à moins de 3 euros représentent 15% des ventes. Pour les professionnels, ce tarif ne permet pas de moderniser la filière et il nuit à l'image. Ils veulent faire disparaître ce segment d'ici à 2025.

Le Bordeaux est-il si cher qu’on le pense ? Pas vraiment au vu des chiffres dévoilés par le Conseil Interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVP) qui a présenté son plan stratégique "Bordeaux Ambition 2025" ce lundi 23 avril. Il contient "6 piliers" dont l’un est particulièrement audacieux. Il s’agit de tenter d’en finir au plus vite avec les bouteilles vendues à moins de 3 euros dans les grandes et moyennes surfaces. Il ne s’agit pas d’augmenter les prix, d’imposer des tarifs aux enseignes de distribution ou d’interdire la vente de cette catégorie. "Nous ne faisons pas la loi", rappelle le CIVB qui estime que "ce tarif n’est pas représentatif de la qualité bordelaise".

"Ce n’est pas qu’une question d’image", a précisé à BFMBusiness.com une porte-parole du CIVP mais de revenu. Ce tarif "ne permet pas à la profession d’assurer les investissements nécessaires pour moderniser et pérenniser la filière". Et contrairement à ce que l’on peut croire, cette catégorie n’est pas négligeable.

Ces premiers prix ont représenté 15% des ventes en grandes et moyennes surfaces en 2017 ce qui porte le prix moyen d’une bouteille de vin de Bordeaux à 5,49 euros. La gamme des vins de 5 à 15 euros représente 80% et celle à plus de 15 euros ne représente que 3 à 5% des ventes.

Redorer l'image de la marque "Bordeaux"

Pour parvenir à relever les premiers prix, le CIVP va aussi travailler sur l’image de la marque "Bordeaux". Ses représentants ont évoqué des pistes comme le développement d’une signature commune "Bordeaux, capitale des amoureux du vin", l’apposition systématique du mot Bordeaux sur les étiquettes ou son ajout à la suite des appellations (Pessac-Léognan Bordeaux, Pauillac Bordeaux).

De mesures anecdotiques? Pour l’interprofession, il s’agit avant tout d’être offensif pour faire face aux concurrents. "Bordeaux est challengé sur les marchés français et européen de plus en plus concurrentiels", indique Allan Sichel.

Mais en plus de cette compétition, les viticulteurs bordelais on fait face à une année 2017 particulièrement difficile comme l’a rappelé Allan Sichel. "Ils ont subi un gel historique fin avril et la grêle fin août sur certaines appellations. Beaucoup ont perdu une grande partie voire la totalité de leur production". Conséquence: le volume récolté en 2017 pour l’ensemble des appellations de Gironde s’établit à 3,5 millions d’hectolitres soit une baisse de 39% par rapport au millésime 2016, soit le plus bas niveau depuis 1991, une "autre année de gel considérable".

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco