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Le gouvernement allemand part en guerre contre les saucisses "vegan"

Pour le ministre fédéral de l’agriculture, on ne peut pas appeler "wurst" cette "pseudo viande". Plus qu'un débat terminologique.

Pour le ministre fédéral de l’agriculture, on ne peut pas appeler "wurst" cette "pseudo viande". Plus qu'un débat terminologique. - 2blissofbaking

Le ministre fédéral de l’Agriculture souhaite que les producteurs d'aliments à base de protéines végétales ne puissent plus utiliser les appellations "wurst" (saucisse) ou "Schnitzel" (escalope).

Ne les appelez plus jamais wurst! C’est en résumé le message adressé par Christian Schmidt, le ministre fédéral de l’agriculture, que n'a pas manqué de relayer Bild, le quotidien le plus lu d'Allemagne. Pour ce défenseur de la filière bovine, il est inadmissible que les produits "vegan" puissent utiliser des noms comme saucisses, escalope ou steak.

"Je me suis engagé à ce qu'un étiquetage clair soit mis en place" a-t-il déclaré au Bild en martelant que personne ne devrait faire comme si cette "pseudo-viande était la viande". Pour le ministre, il s’agit d’une tromperie qui lèse le consommateur. Il s’appuie notamment sur les saucisses "vegan" au curry qui pourraient porter atteinte aux célèbres currywurst dont les Berlinois et les touristes raffolent.

Comme le rappelle, l’agence Reuters, cette offensive est destinée à appuyer la demande de l’association allemande des bouchers qui réclame que les producteurs de ces produits cessent d'utiliser des qualitatifs comme "saucisses" ou "escalopes".

Une spoliation terminologique?

Ce combat n’est pas une première en Europe. En 2013, aux Pays-Bas, où la population végétarienne est très forte, la filière viande est aussi montée au créneau contre la société Frankenburger, un "boucher" végétarien qui a reproduit le goût de la volaille, du bœuf et de certains poissons dans des aliments à base de soja, de blé, de petit-pois, de lentille ou de carotte. Pour les bouchers traditionnels, il s’agissait ni plus ni moins d’une "spoliation terminologique".

Les menaces de procès n’empêchent en rien la montée en puissance du régime "vegan". La chaîne néerlandaise "The Vegetarian Butcher" compte aujourd’hui près d’un millier de boutiques dans le monde… sauf en France ou ce marché reste anecdotique, même si la tendance végétarienne progresse, comme le constate l’Association végétarienne de France.

Pascal Samama