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La Fédération de la conserve fait condamner l'appli Yuka pour dénigrement

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- - GEORGES GOBET / AFP

Saisi par la Fédération des industries des aliments conservés, le tribunal de Versailles a jugé l’application qui note les produits coupable de dénigrement envers les aliments en conserve.

La Fédération française des industries des aliments conservés vient de gagner son bras de fer contre Yuka. Le groupement des professionnels de la conserve reprochait à l’appli qui note les aliments d’avoir dénigré à tort les boîtes de conserve sur son site. Il vient d’obtenir auprès du Tribunal de Versailles que Yuka soit condamné pour dénigrement, et pratiques commerciales déloyales et trompeuses, rapporte Legalis.

Le litige est née de la publication d’un billet sur la page "blog" du site de Yuka. Dans cette rubrique, l’équipe de Yuka publie régulièrement des articles pour expliquer pourquoi son application note mal tel ou tel additif, pour promouvoir tel ou tel fruit ou légume de saison, ou tenir les consommateurs informés de ses développements. Mais le 23 octobre 2019, "Julie de Yuka" y a posté un billet qui a ulcéré les professionnels de la conserve.

Cet article, intitulé "Halte aux emballages toxiques", donnait des informations sur les avantages et les inconvénients des différents emballages alimentaires: verre, plastique, carton, et enfin aluminium. L’autrice du billet y évoquait les risques liés aux emballages en aluminium, étant donné que notre exposition à cette substance a été multipliée par 30 depuis 1950.

Amalgame entre aluminium et conserves

L’autrice de l’article y indiquait bien que les boîtes de conserve ne posaient pas de problème, étant donné que 80% d’entre elles sont en fer blanc, et que les 20% en aluminium sont dotées d’un film protecteur qui empêche la contamination des aliments.

Pourtant, la Fédération de la conserve a estimé que le billet faisait l’amalgame entre les conserves et l’aluminium. Elle reprochait à Yuka de ne se baser, pour parler des dangers de l’aluminium, que sur un seul article publié par un nutritionniste. La Fiac reprochait en outre à Yuka de désigner l’aluminium et la conserve comme "à éviter au maximum", et de proposer comme "astuce" d’éviter "au maximum la consommation d’aliments ayant été en contact avec de l’aluminium (cannettes de soda, légumes de conserve, etc.)".

Ces arguments ont convaincu le tribunal de Versailles. Le 5 mars, il a jugé que le billet manquait de mesure, et y a vu "une généralisation abusive relative à tous les emballages dans lesquelles les aliments sont conservés". 

En conséquence, Yuka a été enjoint de supprimer les passages litigieux de l’article, avec des pénalités de 500 euros par jour de retard. Le tribunal a aussi condamné l’application à verser 3000 euros à la Fédération française des industries des aliments conservés. 5 jours plus tard, ce 10 mars, lesdits passages avaient bien disparu de son billet. Dans la partie sur l’aluminium, l’autrice de l’article renvoie désormais vers un long sujet publié par un nutritionniste, qui conseille lui aussi d’éviter les conserves.

Nina Godart