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L'Allemagne veut en finir avec les fausses dates de péremption

Beaucoup de consommateurs s'y perdent dans les dates de péremption

Beaucoup de consommateurs s'y perdent dans les dates de péremption - BFM Business

"Le ministre allemand de l'Agriculture considère que la date de durabilité minimale est obsolète et qu'elle devrait être remplacée par des pastilles intelligentes. Une mesure qui doit permettre de lutter contre le gaspillage alimentaire."

Nombreux sont les consommateurs européens à confondre les deux dates. Lorsque vous achetez un produit vous avez le réflexe de regarder la date de péremption. Sauf qu'elle peut être précédée de la mention "à consommer jusqu'au" ou "à consommer de préférence avant".

Dans le premier cas de figure il s'agit d'une DLC (date limite de consommation) qui est une date impérative car l'aliment périmé peut "présenter un danger immédiat pour la santé humaine" une fois celle-ci dépassée. Dans le second cas, la denrée peut avoir perdu de sa couleur, de son goût mais elle n'est pas pour autant à jeter. C'est le cas du café qui, passé un certain temps, perd son arôme. On appelle cela une date de durabilité minimale (DDM). 

"Emballages intelligents"

La confusion entre ces deux dates induit parfois en erreur le consommateur qui jette alors des aliments tout à fait comestible. Pour y remédier, en Allemagne, le ministre allemand de l'Agriculture Christian Schmidt a eu une idée pour le moins novatrice. Il propose purement et simplement de supprimer la date de durabilité minimale et de la remplacer par "des emballages intelligents".

"Sur les emballages des pots de yaourt on peut ainsi implanter des puces électroniques", indique Christian Schmidt au Spiegel. À partir de ces puces et de la décomposition de certains éléments, le ministre allemand imagine un système de coloris allant du vert foncé au rouge foncé qui indiquerait l'état de l'aliment. Au consommateur de choisir quand il souhaite consommer l'aliment.

Des précédents en France

Christian Schmidt entend en ce sens présenter un projet de directive européenne dans les mois à venir. Le but de la manœuvre est au final de lutter contre le gâchis alimentaire, chaque Allemand jetant pour 235 euros de nourriture par an (contre 159 euros par an pour les Français, selon l'Ademe).

De l'autre côté du Rhin, des voix s'étaient déjà élevées pour pester contre la confusion entre les dates DLC et DDM. En 2014, l'UFC Que choisir la déplorait arguant que "18% des consommateurs européens ne comprennent pas la mention 'à consommer de préférence avant le', l’interprètent comme une date limite de consommation et se privent donc de consommer des produits parfaitement sains".

Fin 2013, l'autre grande association de consommateurs, CLCV avait réalisé un sondage qui illustrait la confusion des Français: 43% d'entre eux jetaient systématiquement une boîte de ravioli trois semaines après la date limite, alors que le produit ne présente aucun risque d'intoxication. Le CESE (conseil économique social et environnementale) avait lui déjà préconisé en janvier 2014 d'étudier la suppression de la DDM pour ne retenir que la DLC et mettre ainsi fin au flou.

J.M.