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Comment la restauration veut éviter une "faillite générale"

Invité de BFM Business, Olivier Bertrand, président du groupe éponyme (Burger King, Hippopotamus...) détaille les mesures demandées au gouvernement pour "survivre" et préserver l'écosystème qui va au-delà des restaurants.

Avec le tourisme, la restauration est certainement le secteur le plus touché par la crise due au coronavirus. Il évalue son manque à gagner depuis le début du confinement à 13 milliards d'euros.

Et malgré les mesures de soutien mises en place, certains professionnels comme Olivier Bertrand, président fondateur du groupe éponyme qui exploite 1000 restaurants en France (Hippopotamus, Burger King, Quick) craint "une faillite générale" au moment de la réouverture des établissements dont la date n'est toujours pas fixée.

Pour absorber le choc, le secteur demande trois mesures d'urgence: le passage de la TVA de 10 à 5,5%, le maintien du chômage partiel et de l'exonération des charges patronales jusqu'à fin 2020.

"On met tout le monde en danger"

"On rentre dans la 3e phase, c'est la période où on prépare la réouverture de nos restaurants. Vous imaginez à quel point on sort affaibli de la 2e phase (le confinement, NDLR). Comment réouvrir nos restaurants avec un modèle économique à l'équilibre", s'interroge le responsable sur BFM Business.

"Aujourd'hui, si on devait réouvrir nos restaurants, ça serait une faillite générale de la restauration en France. Et quand je dis faillite de la restauration , c'est la faillite d'un ecosystème agroalimentaire. On est le dernier maillon de la chaîne et on met tout le monde en danger, que ce soit les agriculteurs, les éleveurs, les producteurs, les pécheurs. On est la locomotive de ce système et on doit le sauver".

"On demande au minimum trois mesures pour survivre. On demande la baisse de la TVA parce que ça s'applique à tous et ça nous permet de soutenir la consommation (...) et compenser un peu le surcoût de mise en place de modèles économiques (notamment la réduction du nombre de tables dans les établissements, NDLR). Il faut impérativement pour nous l'exonération des charges patronales parce que la restauration c'est un métier très consommateur de main d'oeuvre, c'est le plus gros poste de charges chez nous. Et puis bien évidemment le maintien du chômage partiel, pendant toute la durée de la remontée en puissance de nos modèles", explique Olivier Bertrand.

Olivier Chicheportiche