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Cette start-up suédoise veut numériser l'industrie du tatouage

Avec Inkbay, il n'y a pas de tarif horaire comme cela est le cas habituellement, mais un prix forfaitaire attribué à chaque "tattoo".

Avec Inkbay, il n'y a pas de tarif horaire comme cela est le cas habituellement, mais un prix forfaitaire attribué à chaque "tattoo". - AFP

Inkbay veut révolutionner le milieu du tatouage en proposant aux professionnels du secteur de vendre leurs dessins sur une plateforme en ligne.

Plus qu'un phénomène de mode, les tatouages deviennent un véritable phénomène de société. De plus en plus de personnes font de leur corps une oeuvre d'art, ou plus modestement souhaitent garder une trace d'un événement personnel sur leur peau. Face à ce succès, Fredrik Glimskär, un startuper suédois, a décidé de numériser le secteur. Comment? En créant une plateforme en ligne, baptisée Inkbay, permettant aux professionnels du "tattoo" de mettre en ligne leurs dessins. Fini donc les catalogues de 30 pages. Comme sur un site marchand en ligne classique, les clients n'ont plus qu'à rechercher les tatouages qui leurs plaisent et à réserver en ligne leur rendez-vous avec le tatoueur. 

Et pas de tarif horaire comme cela est le cas habituellement, un prix forfaitaire est attribué à chaque "tattoo" suivant sa complexité. Ainsi, pour cette tête de Dobermann (voir ci-dessous) proposée par un artiste basé à Stockholm, il faudra débourser 3000 couronnes suédoises, soit un peu plus de 300 euros. Cette plateforme revendique d'ailleurs un prix moyen par tatouage d'environ 290 euros, contre 70 à 100 euros de l'heure en fonction de la réputation du tatoueur en France. Si vous décidez de régler par carte de crédit, ce qui est très inhabituel dans ce milieu, une remise de 15% est accordée.

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14% des Français sont tatoués

Autre changement introduit par Inkbay: le processus de décision du client est inversée. On ne choisit désormais plus le tatoueur avant le tatouage, mais le tatouage avant le tatoueur. Dans un milieu encore "conservateur", ce site risque de faire grincer les dents de certains. Cette plateforme rencontre tout de même un certain succès puisque actuellement Inkbay compte 60 studios inscrits sur sa plateforme dans trois villes suédoises (Stockholm, Göteborg et Malmö). Grâce à une levée de fonds de 400.000 euros, la société compte développer ce concept dès cet été à Londres avec pour objectif de recevoir 500.000 visiteurs mensuels sur son site en provenance du Royaume-Uni, contre 40.000 actuellement pour ses seuls studios suédois. 

Si la France ne fait pas partie des futurs marchés d'Inkbay, à l'inverse des États-Unis et de l'Allemagne, elle n'en reste pas moins "une grande consommatrice" de tatouages. Près de 14% des Français de plus de 18 ans sont tatoués, d'après une étude de l'Ifop sortie en début d'année. Ce qui représente environ 7 millions de personnes, soit 2 millions de plus qu'en 2010.