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Celio accusé d'avoir lacéré puis jeté des vêtements invendus

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- - ALAIN JOCARD - AFP

La chaîne de vêtements masculins a été accusée sur les réseaux sociaux d'avoir lacérés et jetés des invendus, pour éviter que des nécessiteux ne les portent.

L'enseigne de prêt-à-porter Celio était pointée du doigt mardi sur les réseaux sociaux après la diffusion ce weekend de photos de vêtements invendus lacérés et jetés par les employés de l'une de ses boutiques, à Rouen. Nathalie Beauval rentrait chez elle, samedi soir, lorsqu'elle a aperçu devant le magasin Celio de la rue du Gros-Horloge, principale artère commerçante de la ville, des dizaines de vêtements "lacérés au cutter et au ciseau", dont certains avaient été accrochés à la grille par des passants.

La jeune chanteuse rouennaise a alors pris quelques photos de cette "exposition" peu commune, avant de les publier sur Facebook, accompagnées de ce commentaire: "Celio jette ses vêtements invendus. Il y a dehors des gens qui meurent de froid, qui n'ont pas les moyens de s'acheter de quoi se vêtir décemment... Et Celio jette des vêtements. Bien entendu en prenant bien soin de lacérer chaque pièce... Des fois qu'un 'horrible nécessiteux' voudrait profiter de la poubelle de luxe de ce magasin."

"Une chemise a notamment attiré mon attention: un coup de machine à laver et c'était bon! Une parka aussi me semblait nickel", a-t-elle confié. Sa publication, partagée plus de 18.000 fois sur le réseau social, a suscité de nombreux commentaires hostiles à Celio, alors qu'une vague de froid vient de s'abattre sur la France.

"Des gens, écoeurés, appellent au boycott. D'autres dénoncent des pratiques similaires chez d'autres enseignes", raconte la jeune femme. "Ça tombe sur elle, pas de chance, mais Celio n'est pas la seule à le faire." Mise en cause, la marque de prêt-à-porter masculin s'est défendue sur son compte Twitter: "Les produits détruits concernent uniquement des articles totalement importables: trous, déchirures, grosses tâches indélébiles". "Celio soutient ADN (Agence du Don en Nature) par des dons réguliers de produits, qui les redistribue ensuite à plus de 750 associations en France", a-t-elle ajouté.

En 2010, un populaire magasin de vêtements H&M situé au coeur de Manhattan, à New York, avait créé la polémique après un article de presse révélant que ses vêtements invendus étaient lacérés avant d'être jetés.

N.G. avec AFP