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Ce que la guerre des prix a rapporté aux Français

La guerre des prix aurait bénéficié aux ménages à hauteur d'un milliard d'euros.

La guerre des prix aurait bénéficié aux ménages à hauteur d'un milliard d'euros. - Olga Maltseva - AFP

La concurrence exacerbée entre les acteurs de la grande distribution aurait permis de rendre 1 milliard d'euros de pouvoir d'achat au consommateur l'an passé, selon une étude citée par les Echos ce lundi 13 avril.

Si la consommation des ménages a fait montre d'une certaine résistance l'an passé (+0,6%), permettant à l'économie française de limiter la casse, elle le doit en partie à la bataille acharnée que se livrent les acteurs de la grande distribution sur les prix.

Cette guerre d'usure n'est pas sans peser sur les résultats des grandes enseignes. En janvier dernier, Casino avait ainsi fait part d'une baisse de 10,1% de son bénéfice, citant explicitement "l'effet des baisses de prix décidées en France".

1 milliard d'euros rendus aux clients

A l'inverse cette lutte semble bien profiter au consommateur. Sur l'ensemble des produits de consommation courante, les prix ont ainsi baissé de 1,3% en 2014, selon l'ouvrage "Grand Conso 2015" de la société d'étude IRi et des Editions Dauvers cité par les Echos ce lundi 13 avril. Si on prend en compte la taille de ce marché, évaluée à 85 milliards d'euros, "on a rendu précisément 1 milliard d'euros aux clients", affirme Jacques Dupré directeur "insights" d'IRi au quotidien économique.

Une enveloppe qui a été directement réinjectée dans l'économie puisque les Français n'ont pas épargné ce gain et l'ont au contraire dépensé. "La guerre des prix a donné aux consommateurs une marge de manœuvre qu'ils n'avaient pas. Cela leur a permis de modifier leur façon de consommer", explique Jacques Dupré.

Autrement dit, ce gain a permis aux consommateurs non pas de multiplier leurs achats mais de revoir à la hausse leurs exigences, avec des produits de meilleure qualité.

Dans le détail, certains articles ont été davantage affectés par la baisse des prix. Les Echos citent le pain de mie (-6,9%), le shampoing (-4,6%) et les déodorants (-4,2%). A l'inverse la viande et la charcuterie ont été moins touchées (-0,4%).

Le "cinéma du gouvernement"

Cette guerre des prix n'a, du moins dans les paroles, pas toujours plus au gouvernement. En octobre dernier, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll déclarait ainsi en octobre dernier qu'elle n'était "bonne pour personne".

Un discours qui avait passablement agacé Michel-Edouard Leclerc. "Tous ces cinémas qu'on nous joue pour arrêter la guerre des prix, il faut les arrêter", pestait-il sur BFM Business, quelques jours plus tard.

"Pensez-vous que Xavier Niel va augmenter les prix de Free pour sauver Orange? Qu'Air France va fermer ses low cost sous la pression des pilotes pour qu'il n'y ait plus de low cost?", affirmait-il ainsi.

J.M.