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Castorama: les délocalisations en Pologne n'ont "pas de motif économique valable"

Neuf magasins Castorama fermeront leurs portes d'ici 2020.

Neuf magasins Castorama fermeront leurs portes d'ici 2020. - Philippe Huguen - AFP

La délocalisation des services de Castorama en Pologne, impliquant la suppression de 409 emplois du groupe Kingfisher ne repose sur aucun "motif économique valable" au regard du droit du travail français.

Les experts mandatés par le Comité central d'entreprise de Castorama sont formels. La "dégradation affichée des performances de la France ne suffit pas, selon nous, à démontrer un motif économique valable au regard du droit du travail français", estiment les experts-comptables dans la synthèse du rapport présenté en Comité central d'entreprise (CCE). 

Le groupe britannique de magasins de bricolage Kingfisher a annoncé en février la suppression de 409 postes en France chez Castorama et Brico Dépôt, après sa décision de délocaliser une partie de ses services, notamment de comptabilité, en Pologne.

Ces délocalisations s'inscrivent dans le plan "One Kingfisher" mené depuis 2016 qui vise à élever de 500 millions de livres (574 millions d'euros) le bénéfice annuel du groupe d'ici l'exercice 2020-2021, mais occasionne pour l'heure des dépenses qui pèsent sur les comptes. 

"Notre objectif n'a pas changé"

"Selon nos estimations, 93 % des économies potentielles proviendront des synergies d'achat et non des suppressions de postes envisagées", poursuit le cabinet dans son rapport consultatif. "Et ce, alors que le projet de réorganisation présenté risque de générer des dysfonctionnements opérationnels qui pourraient encore impacter les performances de Castorama France."

Le chiffre d'affaires du groupe, présent surtout au Royaume-Uni, en Irlande et en France, a progressé de 3,8% à 11,7 milliards de livres (13 milliards d'euros) en 2017. En France, il a baissé de 3,5% à change constant.

La direction de Kingfisher France affirme ne pas avoir de "commentaires à formuler en dehors du dialogue social et de l'information à apporter à nos collaborateurs". 

"Notre objectif n'a pas changé. Il est de garantir un emploi au sein de nos entreprises en France à chaque collaborateur concerné par une suppression de poste", ajoute Olivier Lurson, directeur des ressources humaines France de Kingfisher. "C'est là notre ambition et ce qui guide les mesures sociales d'accompagnement proposées dans le PSE."

A.M. avec AFP