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Bruxelles porte un coup rude à Doux

Le volailler Doux s'est recentré sur le pôle surgelé, concerné par cette baisse de subvention.

Le volailler Doux s'est recentré sur le pôle surgelé, concerné par cette baisse de subvention. - -

La Commission Européenne va diviser par deux les aides accordées à l’exportation de poulets congelés. Une décision qui va fragiliser les acteurs de la filière, Doux en tête.

C’est une mauvaise nouvelle pour les volaillers français : la Commission européenne a décidé de diviser par deux les subventions dites de "restitutions" accordées sur les exportations de poulets congelés. Elles vont être ramenées de 217 à 108 euros la tonne.

Une décision qui va fragiliser particulièrement Doux et Tilly-Sabco, les deux principaux bénéficiaires hexagonaux de ces subventions.

"Avec Stéphane Le Foll [ministre de l'Agriculture, NDLR], nous avons convoqué aujourd'hui une réunion d'urgence (...) pour voir comment nous pouvons apporter un soutien rapide aux entreprises fragilisées par cet accord", a annoncé Guillaume Garot, ministre délégué à l'Agroalimentaire, ce vendredi 18 janvier. C’est la seconde fois que Bruxelles décide de réduire ces aides, une première baisse ayant eu lieu en 2012. A terme, l’Union européenne compte couper les vivres.

Le crédit impôt compétitivité pour soutenir la filière

Pour Doux, cette annonce est lourde de conséquences, puisqu’il a touché 55 millions d’euros dans le cadre de la Politique agricole commune en 2012. Et, après son placement en redressement judiciaire en juin 2012, le volailler s’est délesté du pôle frais pour se recentrer sur la fabrication des produits élaborés et de produits congelés, qui concentre ses activités sur l’exportation.

Tilly-Sabco va lui aussi subir de plein fouet la décision de Bruxelles, puisqu’il réalise 80% de son chiffre d'affaires dans les pays de la péninsule arabique.

Pour soutenir ces deux groupes, les ministres souhaitent qu'ils puissent bénéficier du crédit d'impôt compétitivité et emploi (CICE).

Coralie Cathelinais