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À 17 ans, ce fan de sneakers devient le plus jeune startupeur de France

Anthony Debrant passera son bac cette année. Mais avant, il a lancé une start-up.

Anthony Debrant passera son bac cette année. Mais avant, il a lancé une start-up. - Christian Geisselmann

Les nouvelles technologies révèlent des talents de plus en plus jeunes. Après Philippine Dolbeau, c’est au tour d'Anthony Debrant de se faire une place dans la FrenchTech grâce à sa passion du basket et des sneakers.

Il a 17 ans, fait du basket et depuis des années, Anthony Debrant est fan de Michael Jordan. Il aime le basketteur, les collections de "Jordan", mais aussi, et c’est plus rare, les talents d’entrepreneur de la star mondiale du basket. Ce lycéen -il vient de passer en terminale- a donc décidé de marcher dans les pas du champion international. Il a créé SneakMart, une appli mobile pour que ceux qui partagent sa passion puissent acheter et revendre des sneakers qu’elles soient neuves ou d’occasion.

Comme souvent, c’est en observant cette mode qui explose aux États-Unis et prend une forte ampleur en France qu’il a eu l’idée de se lancer. "J’avais 12 ans quand j’ai commencé le basket et je voyais les 'grands' acheter de superbes Jordan que l’on ne voyait dans aucun magasin. Je pensais qu’ils avaient beaucoup d’argent quand ils m’ont expliqué que pour financer cette passion, ils achetaient des paires puis en revendaient certaines plus cher qu’ils les avaient achetés." Sur l’appli, une paire d’Adidas vendue plus de 1.000 euros a trouvé rapidement preneur.

Des Jordan 4 Eminem vendues pour… 30.000 dollars

De la spéculation? Non, une stratégie lancée par les marques qui commercialisent en ligne et en boutique des modèles en série limitée à prix "normal" qui prennent de la valeur en quelques semaines. "Les sneakers sont devenus un accessoire de mode incontournable suivi par les enseignes de luxe comme Prada. Les marques se sont aussi associées à des stars pour attirer le public. Kanye West a signé avec Adidas et ses Yeezy qui s’achètent sur un site officiel pour se revendre à prix d’or quelques heures après. C’est un marché où la demande est très supérieure à l’offre". Pour preuve, un record a été établi aux États-Unis avec des Jordan 4 Eminem qui ont été vendues pour… 30.000 dollars.

A New York, les sneakers se vendent dans des boutiques qui n'ont rien à envier aux enseignes de luxe.
A New York, les sneakers se vendent dans des boutiques qui n'ont rien à envier aux enseignes de luxe. © Pascal Samama

Aux États-Unis, ce business est déjà mature, mais en France c’est encore un marché d’happy few. Il faut avoir ses entrées pour connaître les bons plans pour faire les meilleures affaires. Et pour s’équiper, beaucoup passent encore par eBay, le Bon Coin ou Facebook. "Il fallait trouver un moyen plus simple et plus efficace pour fédérer une communauté. Une appli mobile s’est imposée." Avec cette appli, on prend en photo ses baskets pour les mettre en vente en quelques minutes dans un environnement conçu pour les passionnés. Le jeune entrepreneur a aussi pour objectif de doubler l’appli avec un site. Et pour se rémunérer, SneakMart prend 5% sur les transactions. Pour rassurer les clients, les règlements passent par Paypal.

Si les profanes de cette tendance s’interrogent sur le potentiel de ce marché, Anthony est convaincu du succès. Le marché de la revente pèse déjà 1 milliard de dollars aux États-Unis. Va-t-il atteindre ce chiffre en France? "Non, bien sûr, mais pour l’Europe c’est très possible et nous voulons lancer l’appli en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Espagne." Pour cela, le jeune entrepreneur cherche à lever des fonds, car, pour le moment le projet a été financé par les proches d’Anthony en "love money". Si l’année 2017 va être consacrée à ce projet, c’est aussi celle du bac d’Anthony. Il devra l'obtenir pour entrer dans une école de commerce.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco