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Bâtiments, routes et ponts détruits... le coût exorbitant de la tempête Alex en France

Vue générale des inondations à Roquebillière, le 3 octobre 2020

Vue générale des inondations à Roquebillière, le 3 octobre 2020 - Valery HACHE © 2019 AFP

La tempête qui a frappé la Bretagne avant de provoquer des inondations meurtrières dans les Alpes-Maritimes a laissé d'importants dégâts matériels sur le territoire. Le groupe Saretec a donné des premières évaluations.

Alors que le gouvernement s'apprête à déclarer l'état de catastrophe naturelle dans la zone sinistrée des Alpes-Maritimes, la reconstruction s'annonce longue et coûteuse, d'autant que la tempête Alex a aussi laissé des dégâts matériels en Bretagne.

Le groupe Saretec, cabinet d'expertise en prévention et gestion des risques, a donné ses premières évaluations des coûts engendrés par les vents et les inondations dans l'Hexagone. Au total, la tempête a provoqué près de 340 millions d'euros de dommages en France.

En Bretagne, où les vents violents ont touché 7800 bâtiments, les dégâts sont estimés à 20 millions d'euros. Le vent a aussi frappé, de façon éparse, l'Aquitaine pour des dégâts estimés à plusieurs millions d'euros.

1600 bâtiments dévastés par les eaux

Mais c'est surtout dans les Alpes-Maritimes que la catastrophe a été la plus violente. La tempête a provoqué un épisode méditerranéen avec des orages dévastateurs qui ont déferlé dans plusieurs vallées de l'arrière-pays niçois, provoquant la mort d'au moins quatre personnes.

Concernant les dégâts matériels, Saretec estime le coût total à 315 millions d'euros, au moins. "Il nous reste encore à évaluer sur place l'état du réseau d'eau et du réseau d'électricité enterré", explique Jean-Vincent Raymondis, directeur général adjoint de Saretec.

Dans la zone sinistrée, 1600 bâtiments ont ainsi été touchés par les inondations pour un coût de 130 millions d'euros, pris en charge par les société d'assurance.

Des infrastructures à reconstruire

De la même façon au moins 8 ponts ont été détruits, tout comme 35 kilomètres de voirie au moins, pour un coût total de 185 millions d'euros. Ces infrastructures publiques ne sont généralement pas assurées et leur reconstruction seront donc à la charge des collectivités ou de l'Etat.

"Ces estimations ne tiennent qu'en cas d'une reconstruction à l'identique" prévient Jean-Vincent Raymondis. Des travaux d'aménagement du territoire, comme des digues, pourraient ainsi faire gonfler la note finale.

Sur France Bleu Azur, le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti avait évalué les dégâts à un milliard d'euros. Le préfet de la région de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a évoqué un chiffre similaire.

Pour évaluer le coût des dégâts, Saretec s'appuie sur son expertise d'environ 300.000 sinistres par an qui permet à l'entreprise d'évaluer avec précision le coût d'une intempérie (force du vent, hauteur d'une inondation…) sur un type de bâtiment précis. En s'appuyant sur les données IGN et les images satellites, l'entreprise est ensuite capable de trier les bâtiments détruits pour jauger le coût final d'une catastrophe.

Analyse d’images satellites de la vallée de la Vésubie – zoom sur Roquebillière
Analyse d’images satellites de la vallée de la Vésubie – zoom sur Roquebillière © Saretec
Thomas Leroy Journaliste BFM Business