BFM Business

Agnès Buzyn: "Cette réforme ne peut pas avoir lieu s'il n'y pas d'équilibre financier"

Parmi les points sur lesquels les syndicats sont invités à réfléchir, la pénibilité et les modalités pour arriver à un système de retraite à l'équilibre financièrement.

Onzième jour de mobilisation contre la réforme des retraites et la situation reste très tendue, à deux jours d'une grande manifestation à l'appel de plusieurs syndicats, le mardi 17 décembre. L'exécutif tente d'apaiser la situation. Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, en charge des retraites, a expliqué sur le plateau de BFM Politique "qu’il restait encore beaucoup de choses à négocier". 

Les modalités de l'ouverture de la pénibilité 

Comme la question de la pénibilité, que la réforme entend ouvrir au secteur public.

"C’est vraiment une avancée majeure. Notamment pour la fonction publique hospitalière parce que ça veut dire qu’on va pouvoir donner des points de pénibilité aux aides-soignants et aux infirmiers qui travaillent de nuit", a rappelé la ministre en charge du portefeuille de la Santé. 

Mais comment définir la pénibilité? Le gouvernement a ôté en 2017 le port de charges lourdes des critères ouvrant un droit à la reconnaissance de la pénibilité du métier.

"Il est évident que porter des charges lourdes c’est pénible et il est évident que certains métiers ne sont pas faisables à 64 ans", a réagi Agnès Buzyn. "Mais il était très compliqué de calculer le nombre d’heures par exemple passées à porter une charge lourde."

Elle n'a pas fourni plus d'explications. 

Solutions pour arriver à l'équilibre financier

L'âge d'équilibre "n'est pas en débat, c'est un fait" pour Agnès Buzyn, qui rappelle que "dans les faits, la majorité des Français prennent déjà leur retraite après 63 ans". Pour la ministre des Solidarités et de la Santé, les modalités "pour arriver à l'équilibre du système" restent elles négociables. "Cette réforme ne peut pas avoir lieu s'il n'y pas d'équilibre financier", a-t-elle expliqué. Elle invite en somme les syndicats à présenter des alternatives aux propositions de l'exécutif avec lesquelles ils sont en désaccord. 

“De toute façon d’ici 2025, le régime actuel ne sera plus à l’équilibre”, a-t-elle prévenu, pointant du doigt l’urgence de réformer le système en vigueur. 

Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, avait elle assuré samedi sur le plateau de BFMTV.com que l'âge pivot n'était qu'"une proposition". De son côté, Jean-Michel Blanquer a estimé dimanche sur RTL que l'âge pivot à 64 ans pour la retraite n'était pas un "totem" de la réforme soulignant que "tout se discutait". 

L'âge pivot est le principal point de crispation avec les syndicats et notamment avec la CFDT. Son secrétaire général Laurent Berger a indiqué dans le Journal du Dimanche que le retrait de l’âge d’équilibre était la condition sine qua non pour que son syndicat porte “un autre regard sur le projet de loi”. 

Pauline Dumonteil