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Votre Tesla peut-elle vous protéger d'une attaque bactériologique?

Un bouton de défense contre les risques biologiques? Tesla y croit dur comme fer et a fait la démonstration de son "biodefense mode"... au moins contre la pollution.

Un bouton de défense contre les risques biologiques? Tesla y croit dur comme fer et a fait la démonstration de son "biodefense mode"... au moins contre la pollution. - Tesla Motors

Tesla aime les effets d'annonce, mais la promesse de protéger les passagers de Model X de risques biologiques semblait exagérée. Si l'action contre les risques bactériologiques reste à démonter, l'efficacité des filtres à air embarqués dans le véhicule semble redoutable contre la pollution atmosphérique.

Elon Musk avait affirmé en septembre dernier que la Model X possédait un mode de "défense contre les armes biologiques". Une annonce qui a de quoi faire sourire, mais Tesla semble croire à son "Biodefense mode". La marque a détaillé dans un communiqué, en quoi consiste son dispositif, en vérité un simple filtre à air amélioré. Simple mais efficace! 

La Model X, bébé bulle

Le constructeur a donc mené une batterie de tests en condition réelles, se rendant avec la Model X dans les villes les plus polluées de Chine, et a mesuré la qualité de son installation. Les résultats étaient déjà probants, mais Tesla a voulu aller plus loin et a installé son modèle dans une bulle hermétique "contaminée à des niveaux de pollution extrême" aux particules fines.

La marque n'est évidemment pas allé jusqu'à infester l'installation de bactéries potentiellement mortelles, mais l'air dans la bulle en plastique présentait une concentration en pollution de 1.000 µg/m3, cinquante fois le seuil recommandé par l'Union Européenne, cent fois celui conseillé par l'OMS. Lors des pics de pollution constatés au printemps 2014 à Paris, cette concentration n'était "que" de 75 µg/m3 (contre 17 µg/m3 normalement), c'est dire. 

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- © Tesla Motors

Des résultats probants contre la pollution de l'air...

Une fois le fameux bouton de défense enclenché, les portes et les fenêtres fermées, le mode "biohazard" (risque biologique en anglais) à fait ses preuves, puisque le filtre a chassé les particules de l'habitacle en deux minutes. Le strict minimum direz-vous, mais plus impressionnant, le système a aussi réduit... le taux de particules fines contenues dans la bulle, une baisse de 40 %.

Ces résultats sont dus au type de filtre à air utilisé, les HEPA (pour High Efficiency Particulate Air), dix fois plus grands que les dispositifs classiques installés sur les véhicules, et dont Tesla promet qu'ils peuvent offrir une protection maximale contre la pollution et la grande majorité des particules circulant dans l'air. Les filtres HEPA sont monnaie courante dans l'aéronautique, mais aussi les masques médicaux de protection... et les aspirateurs. 

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- © Tesla Motors

... mais aux capacités inconnues face aux bactéries

Protection efficace contre la pollution, c'est un fait. La Model X est présentée comme la première voiture à posséder un filtre à air HEPA proposé en série, une option rendue disponible sur la Model S. Contre les risques bactériologiques, c'est une autre histoire. Les tests n'ont pas porté sur les bactéries et virus, il est donc impossible de savoir précisément l'efficacité du "Biodefense" ou "Biohazard mode" pour se prémunir contre ces organismes.

Il est donc trop tôt pour dire si on peut effectivement survivre à une attaque biologique "assis dans sa voiture", comme l'avance Tesla dans son communiqué, avec toute la mesure qu'on lui connait. Cependant, l'efficacité redoutable du filtre à air face à des niveaux de pollution extrêmes, ainsi que la réduction de 40 % de la concentration de particules dans l'environnement fermé où évolue la Model X sont déjà des arguments de vente redoutables à mettre au crédit du constructeur.