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Ne faites pas trop confiance à votre GPS

Les conducteurs font souvent trop confiance à leur GPS, sans prendre en compte l'environnement qui les entoure, ce qui peut mener à la catastrophe.

Les conducteurs font souvent trop confiance à leur GPS, sans prendre en compte l'environnement qui les entoure, ce qui peut mener à la catastrophe. - Flickr - Richy!

Se retrouver sur un chemin de terre, à cause de son GPS, c’est une situation gênante. Mais dans la Vallée de la Mort aux Etats-Unis, les conséquences peuvent être bien plus dramatiques. Parce qu’à trop compter sur son GPS, on perd en fait ses moyens.

Le GPS est devenu un indispensable des trajets du quotidien comme des grands voyages, qu’il soit intégré à la voiture, sur un mobile ou portatif. Mais prudence! En suivant un GPS, vous n’êtes pas du tout sûrs d’arriver à bon port (on se doutait que ça pouvait arriver), vous pouvez en revanche atteindre une mort certaine, la "death by GPS" (la mort par GPS), comme le rapporte le site américain Ars Technica.

Une route trop précise

Ars Technica évoque un ouvrage de Greg Millner sur le GPS. Dans cet ouvrage se trouve plusieurs faits divers tragiques, à cause d'un trajet avec ce petit appareil. Des conducteurs ont ainsi programmé leur GPS, l’ont suivi, avant de se perdre, pour les uns dans le désert du Nevada (Etats-Unis) et pour les autres dans la Vallée de la Mort en Californie. Dans les deux cas, le GPS n’était pas défaillant, il fonctionnait au contraire très bien. Trop bien même.

Deux facteurs se conjuguent alors. La navigation par satellite recense toutes les routes, même des artères qui ne sont que de simples chemins de terre, à travers champs ou en plein désert. Se retrouver face à une ruelle trop étroite pour sa voiture en ville n’est pas dramatique. Suivre un petit chemin en plein milieu de montagnes désertiques peut l’être beaucoup plus.

Moins de capacité à réagir

Plusieurs études scientifiques américaines et européennes ont ensuite montré que le GPS avait un côté rassurant pour les conducteurs. Mais il conduit aussi à "un désengagement par rapport à l’environnement" qui les entoure. Sans GPS, sans guidage à la voix, et surtout sans carte complète, ils sont moins capables de s’orienter dans l’espace et n’ont pas mémorisé le chemin. Perdus dans le désert, ils sont donc incapables de revenir sur leurs pas.

"Avec un GPS, nous ne sommes pas obligés de nous souvenir ou de collecter de l’information, comme elle est toujours à disposition. Nous n’avons pas besoin de penser ou de prendre nous-mêmes une décision", souligne Julia Frankenstein, du Centre pour la science cognitive de Fribourg (Allemagne). Tous les chercheurs soulignent qu’une bonne vieille carte papier demande a contrario de construire soi-même son itinéraire mentalement, donc permet de rester plus en alerte.

P. Ducamp