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L’hydrogène, le nouveau diesel?

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- - Bertrand Piccard

L’hydrogène pourrait bien se faire une place dans le monde des transports par les marchandises et les longues distances. Ce mardi, l’explorateur Bertrand Piccard tente un record de distance en voiture à pile à combustible avec un seul plein d’hydrogène.

Après l’avion solaire, la voiture à hydrogène. Ce mardi, Bertrand Piccard, le pilote de Solar Impulse, veut battre un nouveau record, celui de la plus longue distance mondiale au volant d’un Hyundai Nexo à pile à combustible à hydrogène (que nous avions essayé l’an dernier). L’explorateur, grand défenseur de la nature, veut réaliser au moins 700 kilomètres avec un seul plein d’hydrogène, afin de démontrer que cette solution sans émissions de CO2 est tout à fait viable.

"C’est une voiture électrique, qui a un rendement de 97%, par rapport à l’essence ou au diesel au rendement de 27 ou 28%, confiait ce matin à Ashley Chevalier sur BFMTV Bertrand Piccard, avant de prendre le départ. La seule chose, c’est que l’électricité vient de l’hydrogène qui est géré dans la pile à combustible, alors que celles qu’on appelle les voitures électriques ont des batteries qui sont chargées".

Seul rejet du Nexo: de l’eau. Quand charger une voiture électrique à batteries peut demander plusieurs heures, un plein d’hydrogène ne demande qu’une dizaine de minutes maximum, comme un plein classique à la station-service. L’hydrogène, allié des longs trajets à la place du diesel et du mazout? C’est la philosophie qui semble soutenir le déploiement de cette technologie.

L’hydrogène, le nouveau diesel?

Si auprès du grand public, l’hydrogène reste encore une solution exotique, les industriels du monde automobile semblent en effet prêts à franchir le pas. D’abord dans l’utilitaire. En septembre, Carlos Tavares confiait à BFM Business que des flottes de véhicules hydrogène seront testées en 2021. Fin octobre, c’est Renault qui annonçait la sortie d’utilitaires électriques dotés d’un prolongateur d’autonomie à hydrogène.

Au dernier salon Solutrans, à Lyon (Rhône), l’industriel Chéreau a reçu un prix pour son semi-remorque à hydrogène, qu’il compte fabriquer en série, rapporte Ouest France. Michelin et Faurecia viennent de créer une co-entreprise pour développer la technologie hydrogène, à destination du transport routier, et pourquoi pas demain des transports maritime ou ferroviaire.

Cette approche par l’utilitaire doit aussi résoudre dans un premier temps la question des stations de recharge. Si le plan Hulot prévoit le développement d’une centaine de stations en France d’ici 2023, elles ne sont qu’une vingtaine actuellement en France, selon le site H2mobile. Installer des stations avec la certitude de faire passer un certain nombre de véhicules chaque jour, ou associer à une flotte particulière pourrait réduire les coûts. C’est cette vision que dessine Carlos Tavares, lorsque PSA testera des flottes de véhicules utilitaires à hydrogène.

Installer des stations dédiées à des flottes de véhicules doit aussi permettre de produire de l’hydrogène sur place, la seule solution si l’on en croit une enquête de l’Argus pour une production plus vertueuse, grâce à des éoliennes. Construire une pompe avoisine le million d’euros. Et pour le moment, la production d’hydrogène reste très énergivore, et émettrice, car réalisée à partir de matériaux fossiles. Selon le site spécialisé Automobile Propre, le plan Hulot de développement de l’énergie hydrogène prévoit un objectif de 10% d’énergie renouvelable dans la production d’hydrogène d’ici 2023. De quoi éviter à l’hydrogène la mauvaise réputation actuelle du diesel ?

Pauline Ducamp