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Sur Zoom, des commémorations du "jour de la Shoah" victimes d'irruptions indésirables

L'application de visioconférence Zoom est devenue un outil de communication incontournable pendant le confinement.

L'application de visioconférence Zoom est devenue un outil de communication incontournable pendant le confinement. - AFP

Des visioconférences organisées sur Zoom pour commémorer le "jour de la Shoah", ces 20 et 21 avril, ont été volontairement perturbées à coup d'images et vidéos de mauvais goût.

Des commémorations du "jour de la Shoah" sur la plateforme de visioconférence Zoom ont été piratées par des éléments "antisémites" qui ont interrompu les discours de survivants du nazisme par des images de Hitler ou de pédophilie, a appris l'AFP ce 21 avril, auprès de participants.

Les mesures de confinement liées au Covid-19 ont forcé les autorités israéliennes et de nombreuses organisations à tenir des rassemblements virtuels pour Yom Hashoah, le jour officiel du souvenir du génocide de six millions de juifs par l'Allemagne nazie, tenu du coucher du soleil lundi à la tombée de la nuit mardi.

De nombreux survivants ont témoigné sur Zoom mais certaines de ces conférences en ligne ont été piratées. En Israël, la survivante Myriam Gross, 91 ans, racontait sa vie dans l'enfer nazi à une soixantaine de personnes lorsque la session a été "hackée" par un participant qui a imposé des images de pédopornographie au groupe, selon des témoins.

Des plaintes déposées

"Quelqu'un a fait un partage d'écran avec de violentes images de pédophilie", a dit à l'AFP Gabriel Abensour, l'un des organisateurs. "C'est moi qui gérait la session et j'ai pris quelques secondes avant de réaliser ce qui se passait et j'ai fini après une minute par couper."

Il a ensuite rappelé la rescapée de la Shoah, qui vit seule à Jérusalem et a décidé de reprendre son témoignage. "On s'est reconnectés et on a continué mais on en est tous sortis un peu traumatisés parce que c'était justement très violent. Je pense que c'était intentionnel, que c'était antisémite", a-t-il ajouté.

"J'étais en train de raconter mon enfance de 1939 à 1945 et tout d'un coup il y a eu une vidéo horrible. Je n'arrivais pas à y croire. C'était terrible", raconte à l'AFP Myriam Gross. Les organisateurs ont dit avoir porté plainte auprès de la police israélienne, de Zoom et en France, auprès de la plateforme Pharos qui traque les contenus racistes et haineux en ligne.

L'ambassadeur d'Israël en Allemagne a lui fait état du détournement d'une rencontre sur Zoom avec un autre survivant, Zvi Herschel. "Des militants anti-israéliens ont perturbé la session en postant des images de Hitler et en chantant des slogans antisémites", a indiqué Jeremy Issacharoff sur Twitter. "L'événement a dû être suspendu."

Dans son rapport annuel publié lundi, le Centre Kantor de l'Université de Tel-Aviv a fait état d'une hausse de 18% en 2019 des actes violents antisémites dans le monde avec 456 cas recensés. Les chercheurs disent avoir constaté l'émergence "d'expressions antisémites liées au coronavirus" dans des cercles "principalement" d'"extrême-droite, de "chrétiens ultraconservateurs", "d'islamistes" et "dans une moindre mesure" de "l'extrême-gauche".

E.T. avec AFP