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Smartphones: les ondes pourraient être nocives pour la mémoire des jeunes

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- - CC, Flickr (Nick J Webb)

Une étude menée sur 700 écoliers suisses de 12 à 17 ans conclut que les ondes des téléphones portables affectent leur mémoire.

Les téléphones portables ont-ils, oui ou non, une quelconque incidence sur la mémoire ? Une étude de l'institut de santé publique suisse Swiss TPH, relayée par Le Temps, conclut que les champs électromagnétiques à hautes fréquences de ces appareils peuvent avoir des effets néfastes sur le développement de la mémoire dans certaines zones du cerveau. 

L'étude, menée pendant un an auprès de 700 jeunes Suisses âgés de 12 à 17 ans, sera publiée dans son intégralité le 23 juillet. Elle met en lumière une "baisse significative" de performance de la mémoire figurale pour les jeunes utilisant leur appareil sur l’oreille droite. Ce type de mémoire, situé principalement dans l'hémisphère droit du cerveau, peut être évalué par des tests mémoriels sur ordinateur à l’aide de figures abstraites à assembler. Martin Röösli, à l'origine de l'étude, fait le lien entre la dose de rayonnement électromagnétique absorbée et les effets observés.

D'autres études nécessaires

Selon les chercheurs, seuls les appels passés sans kit mains libres, le téléphone directement accolé à l'oreille, peuvent avoir un effet sur le cerveau. Aucun lien avec le développement de la mémoire n'a été mis en évidence pour le simple fait d'envoyer des messages ou de naviguer en ligne, activités qui ne provoquent qu'une irradiation modeste des zones cérébrales liées à la mémoire.

Les chercheurs précisent que des études supplémentaires seront nécessaires, notamment pour exclure certains facteurs tels que la puberté dans les conclusions de leur enquête. L'étude ne précise d'ailleurs pas à partir de quelle fréquence d'utilisation du téléphone mobile une telle dégradation de la mémoire est constatée, ni même son ampleur.

Les conclusions de cette étude rejoignent néanmoins celles exposées par l'Anses en 2016. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail avait à l'époque alerté sur les dangers des radiofréquences pour les enfants. Leurs experts avaient pointé des "effets possibles sur les fonctions cognitives" des enfants concernés, telles que la mémoire, l’attention, les capacités psychomotrices ou le langage, enjoignant à préconiser "un usage modéré et encadré" de ces technologies. 

E.T.