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Le futur plus gros data center russe carburera au nucléaire

La centrale nucléaire de Kalinin, exploitée par Rosenergoatom. L'exploitant possède dix centrales pour un total de 33 réacteurs, répartis dans toute la Russie.

La centrale nucléaire de Kalinin, exploitée par Rosenergoatom. L'exploitant possède dix centrales pour un total de 33 réacteurs, répartis dans toute la Russie. - Wikipédia

Pour satisfaire aux énormes besoins en énergie de la future plus grosse ferme de serveurs russes, il a été décidé de la construire sur le site du réacteur nucléaire de Kalinin.

Directement du producteur au consommateur. D'après le site russe Telecom Daily et le site DatacenterDynamics.com, le futur plus gros data center russe, construit par Rosenergoatom, le producteur russe d'électricité nucléaire, sera directement implanté sur le site de la centrale nucléaire de Kalinin. Située à presque 200 km de Moscou, cette centrale produit aujourd'hui 4000 MegaWatts, et est donc parfaitement capable de délivrer les 80 MW nécessaires à la bonne alimentation des 10 000 racks de stockage qui prendront place dans ce centre. Baies qui pourraient, également, consommés les excédents d'énergie produits par les réacteurs. Les coûts de construction sont estimés à presque 980 millions de dollars hors infrastructure réseau. Les premiers serveurs seront opérationnels courant 2017 et la totalité de la structure, courant 2018.

9 serveurs atomiques sur 10 disponibles à la location

Toujours d'après les informations recueillies par l'agence Telecom Daily, seulement 10% de l'espace sera réservé aux besoins de Rosenergoatom. Le reste sera mis en location. Une aubaine pour tous les gros acteurs du Net implantés -ou souhaitant le faire- en Russie. En effet, la loi N 242-FZ, adoptée par la Douma en juillet 2014 oblige -à partir du 1er septembre 2015 et à échéance 2016- les acteurs comme Facebook, Google ou Twitter à stocker localement les données des Russes les utilisant. Un gigantesque archivage sur le territoire donc, sous peine de se voir interdire voire bloquer au pays de Vladimir Poutine. Rosenergoatom affirme avoir d'ores et déjà approché le réseau social Facebook et le moteur de recherche Google afin de leur leur proposer "quelques racks serveurs" dopés au nucléaire.

Marque à la pomme croquée recherche 700 serveurs russes

Certains des grands acteurs américain ont, eux, pris les devants pour se plier aux exigences de la loi russe. C'est notamment le cas d'Apple qui serait déjà rentré dans le rang, en faisant un appel d'offre cet été, portant sur la location de plus de 700 serveurs, afin d'y transférer toutes les sauvegardes iCloud et autres données personnelles des possesseurs d'iPhone.