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Aux Etats-Unis, des cyber-surveillants encadrent à distance les examens scolaires

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Des universités nouent des partenariats avec des entreprises pour surveiller les étudiants pendant les examens et s'assurer qu'ils ne trichent pas.

Pour faire face à la crise sanitaire, plus de 300 millions d’élèves dans le monde se retrouvent sans école. Aux Etats-Unis, des établissements ont pris des mesures très strictes pour vérifier que les étudiants respectent bien les règles lors des examens, raconte le Washington Post. Ils sont scrutés de toutes parts par des surveillants, sans les voir. 

En pratique, les élèves donnent accès à leur webcam et parfois à leur écran d’ordinateur. Ils sont observés pendant toute la durée de l’examen et n’ont pas le droit d’aller aux toilettes afin d’éviter d’éventuelles tricheries. À tel point que selon le Washington Post, une étudiante a vomi dans sa poubelle pour éviter de quitter la pièce et de risquer d’être sanctionnée. Certains surveillants reçoivent aussi des notifications quand les étudiants font du copier-coller. 

Reconnaissance faciale et suivi du regard 

Certaines entreprises proposant ces solutions vont même jusqu’à demander aux étudiants de filmer régulièrement l’ensemble de la pièce pour prouver leur honnêteté. D’autres utilisent aussi des logiciels de reconnaissance faciale ou de suivi du regard pour évaluer l'"intégrité scolaire" des étudiants. Par exemple, si les étudiants regardent hors de l'écran pendant quatre secondes plus de deux fois en une minute, le mouvement sera signalé. Il pourrait signifier que l’étudiant regarde des notes affichées hors de l’écran. 

La fermeture des écoles est une grande opportunité pour ces entreprises. Elles signent généralement des contrats avec les écoles, mais certaines feraient également payer les étudiants, selon le Washington Post. Comme l’entreprise ProctorU, qui leur facturerait environ 15 dollars par test. 

Des données sensibles transférées aux surveillants 

Ces méthodes posent question en matière de protection de la vie privée. L’entreprise ProctorU demande par exemple aux étudiants de filmer leurs papiers d’identité avant de commencer le test, ainsi que leur chambre. Mais qui a accès aux flux vidéo? Sont-ils enregistrés et conservés? Il n’existe pas de réponse unanime puisque les entreprises sur le marché sont nombreuses.

De son côté, ProctorU partage une grande quantité de données sensibles avec les surveillants et les écoles: l'adresse des étudiants, leurs dossiers médicaux, leurs handicaps physiques ou mentaux, ainsi que des données biométriques, notamment des empreintes digitales, des images faciales ou des enregistrements vocaux. Elle se réserve également le droit de partager tous les enregistrements vidéo et audio des étudiants avec les écoles afin de s'assurer "qu'aucun protocole d'examen n'a été violé".

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech