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Sources, fiabilité... Comment fonctionne le site de tracking aérien FlightRadar24

Lancé en 2006, ce site permet de suivre en temps réel le trafic aérien mondial. FlightRadar24 a enregistré un record de visiteurs mardi lors de l'atterrissage de l'avion de Nancy Pelosi à Taïwan.

Des simples curieux aux passionnés, en passant par les professionnels de l'aviation: FlightRadar24 attire les foules. Le site a battu mardi son record d'audience: plus de 708.000 internautes se sont connectés pour suivre le vol vers Taïwan de Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants américaine.

FlightRadar24 permet en effet de suivre les déplacements des avions en temps réel dans le monde entier, mais aussi de consulter diverses données de vols: les numéros, les compagnies aériennes ou encore leurs provenances et destinations.

Le site, qui revendique 2 millions d'utilisateurs par jour et plus de 40 millions de téléchargements pour son appli, est pourtant né un peu par hasard. En 2006, deux amis suédois - Mikael Robertsson et Olov Lindberg - lancent un site de comparaison de billets d'avion. Pour se démarquer, ils ajoutent le suivi des trajets en temps réel. Rapidement, ils constatent avec surprise l'engouement des internautes, raconte le Wall Street Journal.

Une couverture quasi-exhaustive du trafic aérien

FlightRadar24 revendique le suivi quotidien de 180.000 vols, opérés par plus de 1200 compagnies dans un réseau de 4000 aéroports. Parmi les trajets analysés, ceux des "vols commerciaux, des vols d'avions d'affaires, des vols privés, des planeurs, la plupart des vols d'hélicoptères, (...) des vols gouvernementaux, quelques vols militaires et les drones", énumère l'entreprise sur son site.

De quoi assurer une couverture exhaustive du trafic aérien - à quelques exceptions près.

"Les informations concernant un petit nombre de vols peuvent être limitées ou bloquées en fonction des demandes des propriétaires ou des exploitants via des services tiers, tels que le programme de Limitation des données d'aéronefs affichées de la Federal Aviation Administration (l'agence gouvernementale américaine chargée des réglementations et des contrôles de l'aviation civile)", précise ainsi FlightRadar24.

Et de poursuivre: "Certains aéronefs très en vue, comme Air Force One (ndlr: flotte présidentielle américaine), ne sont pas affichés. La plupart des autres aéronefs soumis à des restrictions sont affichés de façon anonyme."

Une technologie plus précise que les radars

Pour suivre à la trace les avions, le site récolte une multitude d'informations. Il récupère ainsi les bases de données des compagnies aériennes et des aéroports - comprenant les horaires et les statuts des vols - mais aussi d'autres structures, comme la Federal Aviation Administration.

Le coeur de son activité repose cependant sur les données fournies par les avions eux-mêmes grâce à la technologie ADS-B (pour "surveillance dépendante automatique en mode diffusion", en français). En cours de déploiement depuis une quinzaine d'années, cette technologie permet aux avions qui en sont équipés d'envoyer en temps réel un signal aux satellites comprenant leur position, leur altitude, leur vitesse ou encore leur cap de vol.

En cas de demande des contrôleurs aériens, l'ADS-B peut aussi fournir des données telles que les réglages des instruments du cockpit et la quantité de carburant restante, précise le Wall Street Journal.

Les satellites ayant reçu les signaux les renvoient à leur tour vers des stations terrestres, comme celles des aéroports.

La technologie ADS-B s'est développée avec les avions modernes afin de remplacer le système de contrôle au sol par radar, jugé imprécis. L'objectif: éviter que des avions puissent disparaître en plein vol, comme cela a pu être le cas avec le MH370, considéré comme le plus grand mystère de l'aviation civile. En mars 2014, l'avion de la Malaysia Airlines et ses 239 passagers à bord avaient disparu des radars au-dessus de l'océan Indien, avant de se crasher.

Une communauté mondiale de bénévoles

FlightRadar24 a anticipé le développement de la technologie en déployant dès ses débuts un réseau mondial coopératif de récepteurs aptes à récolter les signaux des avions.

L'entreprise revendique aujourd'hui un réseau de 30.000 récepteurs, grâce à une communauté de bénévoles. Il est possible de faire une demande en ligne sur le site afin de recevoir gratuitement un récepteur à installer à son domicile.

Parmi les exigences à remplir, avoir un logement permettant d'offrir "d'excellentes conditions de réception" car une "antenne doit être placée à l'extérieur, sur un toit, et avoir une vue dégagée du ciel à 360 degrés", détaille le site. L'antenne est ensuite reliée par câble au récepteur, situé à l'intérieur du domicile. Ce récepteur doit être connecté à Internet "24 heures sur 24, 7 jours sur 7" pour transmettre les données à FlightRadar24.

Le site travaille à renforcer le maillage de son réseau de récepteurs afin d'améliorer sa couverture, encore imparfaite selon les zones géographiques.

"En raison de la haute fréquence utilisée (1090 MHz), la couverture de chaque récepteur est limitée à environ 250-450 kilomètres dans toutes les directions, selon l'emplacement", souligne le site.

Ce qui rend la "couverture très difficile au-dessus des océans" notamment.

Pour les avions qui ne sont pas encore équipés de l'ADS-B, le site calcule leur position grâce à la méthode de multilatération. Celle-ci permet de calculer un emplacement en mesurant la distance entre plusieurs points connus.

Anaïs Cherif