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Pourquoi Amazon veut créer des cliniques réservées à ses salariés

Amazon veut créer ses cliniques

Amazon veut créer ses cliniques - David Ryder / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le leader mondial du e-commerce veut réduire le coût de la prise en charge des problèmes de santé de ses salariés. Une "clinique pilote" sera d'abord créée à Seattle. Les employés travaillant au siège d'Amazon auront ainsi un accès direct à un large panel de soins notamment de médecine préventive.

Sept mois après avoir noué un partenariat avec J.P Morgan et Berkshire Hathaway pour traiter les questions de santé de ses employés américains et améliorer leur satisfaction tout en réduisant les coûts, Amazon réfléchit à créer ses propres cliniques médicales.

Le géant américain du commerce en ligne va ouvrir cette année une "clinique pilote" au sein de son siège social de Seattle où travaillent 45.000 personnes. Elle compte embaucher des médecins chargés dans un premier temps d’examiner un groupe d’employés sélectionnés, rapporte CNBC. Le dispositif devrait ensuite être étendu à d’autres salariés début 2019.

Soins préventifs

À travers cette initiative, Amazon espère réduire les frais de santé qui incombent à l’employeur en offrant des soins préventifs et des conseils à son personnel en matière de régime alimentaire ou de pratique sportive par exemple. Objectif: maintenir ses employés en bonne santé et éviter qu’ils aient besoin de se rendre chez le médecin ou à l’hôpital.

Si Amazon a refusé de commenter le projet, le groupe a tout de même donné une indication sur sa stratégie en nommant Atul Gawande pour diriger sa co-entreprise avec J.P Morgan et Berkshire Hathaway. Ce chirurgien défenseur des soins de santé primaires (basés sur la prévention) a régulièrement souligné l’importance de "soins réguliers et continus" pour les salariés.

Nouvel enjeu

Le leader mondial du e-commerce rejoint ainsi Apple qui tente de mettre en place son propre réseau de centres de santé. De son côté, General Motors a conclu un accord avec l’organise Henry Ford Health System à Détroit pour fournir un nouvel accès direct aux soins de santé à quelque 24.000 salariés.

Pour ces grands groupes, réduire les dépenses de santé constitue un véritable enjeu. Selon une étude publiée par le Journal of the American Medical Association en mars, les États-Unis dépensent presque deux fois plus dans les soins de santé que d’autres pays riches parce que les médicaments, les équipements et même la rémunération des médecins, coûtent plus cher outre-Atlantique, expliquent les chercheurs.

Les États-Unis "ont des dépenses considérablement plus élevées, les pires résultats en matière de santé pour la population et le moins bon accès aux soins de tous les autres pays riches", estiment les chercheurs. Par exemple, les dépenses de chaque Américain pour les produits pharmaceutiques -1.443 dollars- sont plus élevées que dans les autres nations -entre 466 et 939 dollars par habitant. Et les prix des médicaments des marques les plus répandues y sont souvent deux fois plus importants.

Augmentation continue des primes d'assurance

Cette hausse du coût de la santé a entraîné une explosion des primes d’assurance de 10% par an entre 2000 et 2006. Selon la Conférence nationale des législatures des États, les primes annuelles moyennes de couverture santé pour une famille américaine ont atteint 18.764 dollars en 2017 (contre 11.500 dollars en 2007), en hausse de 3% sur un an.

Or, environ 60% de cette somme est à la charge de l’employeur. D’où l’intérêt de développer un nouveau système. "La prise en mains des soins de santé par les employeurs est le moyen le plus efficace de changer les soins de santé dans ce pays", a assuré Bret Jackson, membre de la National Alliance of Healthcare Purchasing Coalitions.

P.L