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L'armée américaine veut créer une interface cerveau-machine révolutionnaire

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La Darpa, le laboratoire de l’armée américaine, veut créer une puce capable de dialoguer individuellement avec chaque neurone de notre cerveau. Une précision jamais atteinte à ce jour.

Connecter son cerveau directement à des ordinateurs : cette idée venue tout droit de la science-fiction n’est pas nouvelle et certaines réalisations concrètes ont déjà pu voir le jour ces dernières années. Mais la Darpa, le laboratoire de recherche et développement de l’armée américaine, veut lui donner un sérieux coup de fouet au travers du programme Neural Engineering System Design (NESD).

Le but est de créer une interface révolutionnaire, capable de communiquer de façon individuelle avec chaque neurone dans une région limitée du cerveau, pouvant aller jusqu’à 1 million de neurones. Ce qui serait beaucoup plus précis que les technologies actuelles, qui ne peuvent capter les informations que de manière agrégée, par groupe de 10.000 neurones au mieux. Dans ce cas, le signal résultant comporte, nécessairement, beaucoup de bruit et d’imprécisions. A contrario, le dispositif que veut mettre au point la Darpa permettrait une communication en « haute définition ».

Autre objectif : cette interface, qui se viendra loger directement dans le cortex cérébral, ne devra pas dépasser un volume de 1 cm cube, soit l’équivalent de deux pièces de 5 cents (21 mm de diamètre, 4 mm d’épaisseur). Ce qui est quand même relativement important. A titre de comparaison, la puce que BrainGate implante dans les cerveaux de personnes handicapées n’a qu’une surface de 4 mm carré pour 96 électrodes. En 2012, cette société a montré qu’un tel dispositif permettait à une femme totalement paralysée à la suite d’un accident cardio-vasculaire de piloter un bras robotisée.

Selon la Darpa, une interface neuronale haute définition permettrait d’ouvrir une nouvelle ère dans les neurotechnologies et d’imaginer toute une série de nouvelles thérapies. Mais le challenge est grand, tant au niveau du hardware que du software, car il faut pouvoir être capable de traduire en informations binaires l’avalanche de signaux chimiques que produisent nos neurones toutes les secondes, et ensuite pouvoir les interpréter. Pour y arriver, la Darpa veut nouer des partenariats avec des industriels en pointe sur ce domaine.