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En Californie, d'anciens criminels pourront devenir chauffeurs Uber

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- - CC, Noel Tock

Uber a décidé d'assouplir les conditions de recrutement de ses chauffeurs dans cet état de la côte Ouest des États-Unis.

Si vous optez pour un Uber après une balade à San Francisco, vous pourriez bientôt être conduit par un ancien criminel. Le Wall Street Journal rapporte qu'à partir du 1er février prochain, les conditions de recrutement des chauffeurs seraient assouplies. Ceux qui sont condamnés pour des crimes violents (incluant les meurtres et les viols) seront toujours recalés, tout comme les individus ayant commis des délits routiers. Mais Uber acceptera désormais de passer l'éponge sur certaines activités illégales.

Offrir "une chance à tout le monde"

Les Californiens condamnés - entre autres - pour consommation de drogue ou pour vol à l'étalage auront ainsi une seconde chance de devenir chauffeur. Cette annonce fait écho à la Proposition 47 votée en 2014 en Californie. Une loi qui permet de requalifier certains crimes en délits afin de favoriser la réinsertion, notamment après une sortie de prison. Les dossiers des personnes concernées seront désormais jugés recevables par Uber. Selon Joe Sullivan, chef de la sécurité de l'entreprise, il s'agit avant tout de "donner une chance à tout le monde". 

Cet assouplissement des conditions de recrutement ne devrait pas rassurer les utilisateurs, notamment après qu'Uber a été accusé d'employer des criminels. En Inde, un chauffeur a récemment été condamné à perpétuité pour le viol d'une passagère. L'aspect social de la nouvelle politique de la firme est également à mettre en parallèle avec certaines difficultés rencontrées ces derniers temps.

Des milliers de chauffeurs potentiels

Le fait de compter sur un nouveau vivier de chauffeurs potentiels - la Proposition 47 concernerait 40 000 crimes chaque année - n'est pas sans conséquence sur la capacité de proposer suffisamment de véhicules aux clients. Comme le rappelle Business Insider, la compagnie fait face à une concurrence toujours plus féroce et est contrainte de baisser ses prix. Or, pour un tiers des chauffeurs, Uber génère une majeure partie des revenus. Une population qui pourrait être tentée de stopper l'activité en cas de meilleure opportunité, une situation de plus en plus plausible avec la baisse du chômage outre-Atlantique.

En France, Uber a adopté une politique de recrutement particulièrement intensive. Cependant, toute personne désirant devenir chauffeur VTC doit fournir un casier judiciaire vierge de condamnation pour des délits sanctionnés par le code de la route ou pour vol, violences physiques ou agression sexuelle.

Raphael Grably