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Le magazine Têtu revient en kiosque avec des appuis solides

Têtu, qui n'était plus paru en kiosque depuis novembre dernier, revient chez les marchands de journaux ce 21 novembre.

Têtu, qui n'était plus paru en kiosque depuis novembre dernier, revient chez les marchands de journaux ce 21 novembre. - CLEMENS BILAN / AFP

Le magazine dédié aux homosexuels, qui a déjà failli mettre la clé sous la porte trois fois depuis sa naissance en 1995, se relance à nouveau dans les kiosques ce 21 novembre, avec des grands noms comme financeurs.

Têtu version papier n’est pas mort. Placé en liquidation judiciaire en février dernier, le magazine LGBTQI+ revient ce mercredi dans les kiosques, avec une Une pleine de tendresse, de grandes ambitions, et des appuis solides pour le financement et la stratégie.

Le magazine lancé en 1995 avec Pierre Bergé comme propriétaire en est à sa troisième tentative de renaissance. Vendu par l’investisseur compagnon d’Yves Saint Laurent en 2013, après des années de pertes, Têtu a fait une première fois faillite en 2015, puis une nouvelle fois en 2017. Le magazine très endetté a enfin été placé en liquidation judiciaire en février dernier.

Des investisseurs issus de secteurs très divers

Mais en mai dernier, un groupe d’investisseurs a repris le titre moribond et est parvenu à récolter 700.000 euros pour relancer le magazine. A la tête de ce collectif de parrains et marraines, le business angel Albin Serviant, soutien financier du candidat Macron, représentant de la French Tech à Londres, par ailleurs plus habitué à investir dans des start-ups que dans les médias. Après avoir étudié le succès des titres anglo-saxons qui s'adressent aux communautés LGBTQI+, Albin Serviant se dit convaincu que Têtu peut connaître la même fortune. 

A ses côtés, du beau monde issu de secteurs divers. Des médias, comme Hervé Labeille, entrepreneur reconnu dans l’univers de la communication et des médias, tout particulièrement pour son expertise dans la mise en place de partenariats entre les marques et les chaines de télévision. Ou l’animateur et producteur Marc-Olivier Fogiel, qui avait par ailleurs investi dans Les Jours, fondé par des anciens du quotidien Libération. Mais aussi du luxe, comme le directeur général de L’Oréal Luxe, Cyril Chapuy, celui de Yoox Net-a-Porter Bruno-Roland Bernard ou Sylvie Moreau, de Coty Professional Beauty. Ou encore de l'entertainment avec Marc Hernandez, cadre de l'industrie musicale et agent d'artistes dont Louane ou Benjamin Biolay.

Des spécialistes du numérique pas là par hasard

Des experts de l’investissement ont également participé au tour de table, comme Benjamin Bitton de 2CFinance et Pierre-Yves Meerschman de Daphni, et surtout de fins connaisseurs de la tech, comme Marie Ekeland, l’éphémère présidente du Conseil national du numérique, Thomas Pawlowski de Mediaholic, ou Frédéric Potter de Netatmo.

Cette présence en force de spécialistes du numérique n’est pas un hasard. Têtu se relance en version papier, mais avec une parution espacée, trimestrielle désormais. Et c’est bien sur le site du média que la nouvelle équipe compte pour rendre le titre viable. Elle a lancé à la rentrée un nouveau site, épuré, dont le modèle repose sur le "freemium" : du contenu gratuit en produit d’appel, et des formats vidéos et podcasts accessibles uniquement aux abonnés.

Nouvelle équipe aussi à l’éditorial : c’est Romain Burrel, ex-pigiste pour Têtu mais aussi Les Inrockuptibles et Telerama, qui prend la direction de la rédaction, et Rozenn Le Carboulec, ex l’Obs et Buzzfeed qui prend la rédaction en chef, avec une équipe de quatre journalistes permanents.

Les choses se présentent bien pour Têtu nouvelle version : la campagne de pré-abonnements a pulvérisé son objectif de 1000 nouveaux abonnés, en dépassant les 2500 pré-abonnements. Et le premier numéro, qui devait initialement être tiré à 40.000 exemplaires, sera finalement imprimé 50.000 fois. 

N.G.