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George Floyd: la géolocalisation de Google utilisée pour remonter la piste de manifestants

Le conseil municipal de Los Angeles a voté  une réduction d'environ 150 millions de dollars du budget de la police, accédant aux revendications de nombreux militants après les manifestations antiracistes déclenchées par la mort de George Floyd.

Le conseil municipal de Los Angeles a voté une réduction d'environ 150 millions de dollars du budget de la police, accédant aux revendications de nombreux militants après les manifestations antiracistes déclenchées par la mort de George Floyd. - Kyle Grillot © 2019 AFP

Par le biais d'un mandat de perquisition, la police de Minneapolis a réclamé à Google un large panel de données de localisation, pour identifier les auteurs de débordements lors des émeutes consécutives à la mort de George Floyd.

Ils ont été des milliers à se rassembler en mai dernier, au lendemain de la mort de George Floyd, décédé des suites d'une arrestation brutale à Minneapolis. Les émeutes, particulièrement violentes, ont été émaillées d'incidents en tous genres, dont l'incendie d'un magasin AutoZone, au sud de la ville américaine du Minnesota.

Dans l'espoir d'identifier l'auteur de cet incendie, la police locale a eu recours à un mandat de perquisition adressé à Google, rapporte Techcrunch. Son but: mettre la main sur des données de localisation de tout appareil Android s'étant trouvé à proximité du magasin en question, sur les vingt minutes ayant entouré l'incident.

Des photos prises à l'extérieur du magasin avaient à l'époque permis de discerner un homme masqué, depuis baptisé "Umbrella man", en référence au parapluie utilisé pour briser les vitres de l'AutoZone. Les données de localisation de nombreux manifestants ont néanmoins dû être brassées automatiquement pour remonter jusqu'à lui. Et rien ne dit à ce jour que ce manifestant ait été effectivement interpellé.

Des requêtes de plus en plus nombreuses

Le mandat utilisé par la police de Minneapolis permet concrètement aux autorités de récupérer les données localisation d'un appareil Android s'étant trouvé à proximité d'un incident ou d'une scène de crime, sur une période donnée en s'appuyant aussi bien sur les données GPS que Bluetooth ou encore liées aux connexion Wi-Fi et cellulaires. 

En 2019, Google signalait que le nombre de ces requêtes avait augmenté de 1.500% entre 2017 et 2018, sans fournir de chiffres précis sur le nombre de mandats reçus. D'après le Le New York Times, Google aurait traité jusqu'à 180 mandats de cette nature en une semaine en 2019. L'État de New York planche sur un projet de loi à même d'interdire de tels mandats, en partant du principe que ces derniers pourraient avoir un effet dissuasif à l'encontre des manifestants.

S'en remettre aux simples données de localisation peut notamment induire les forces de l'ordre en erreur. En mars dernier, un cycliste américain avait été soupçonné de cambriolage en raison de ses données de localisation. Son seul tort: être passé trois fois, et en moins d'une heure, à proximité d'une maison cambriolée, en laissant l'application mobile RunKeeper activée, pour mieux mesurer son trajet.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech