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Facebook débauche la juriste en chef du département d'Etat américain, qui a rédigé une partie du Patriot Act

Un centre de modération des contenus aux États-Unis.

Un centre de modération des contenus aux États-Unis. - Noah Berger - AFP

Facebook a recruté sa nouvelle responsable juridique, Jennifer Newstead, au ministère américain des Affaires étrangères. Depuis deux ans, le groupe est au coeur de polémiques internationales autour du tri des contenus publiés sur sa plateforme et de la protection des données personnelles de ses usagers.

Pour l'aider à faire face à de nombreux soucis réglementaires, Facebook a recruter une nouvelle responsable juridique. Il s'agit de Jennifer Newstead, une ex du ministère américain des Affaires étrangères. Avocate de formation, elle remplace Colin Stretch, qui avait annoncé son départ l'an dernier, précise le groupe. Ces polémiques lui valent des enquêtes et poursuites dans plusieurs pays.

Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo a de son côté confirmé lundi dans un communiqué le départ de Jennifer Newstead, remerciant l'intéressée pour son travail au service du ministère depuis fin 2017, où elle fut la première femme à occuper le poste de "Legal Adviser". Jennifer Newstead est également connue pour avoir participé à la rédaction du Patriot Act lors de son passage dans l'administration Bush, comme le relève notamment The Verge. Voté fin 2001 après les attentats du 11 septembre, le Patriot Act est une loi antiterroriste qui a autorisé de nombreuses mesures de surveillance des citoyens. 

Enquêtes sur les pratiques de Facebook

Facebook, qui a fait face ces deux dernières années à plusieurs départs de hauts cadres, a aussi nommé lundi John Pinette responsable communications, avec le titre de "Vice President of Global Communications". Il remplace Caryn Marooney qui a annoncé son départ en début d'année. Ancien de Microsoft et Google, John Pinette a été aussi été en charge des communications de Bill Gates, le fondateur de Microsoft.

Facebook fait notamment l'objet d'enquêtes aux Etats-Unis dans le sillage du scandale des fuites de données vers la firme britannique Cambridge Analytica révélé l'an dernier. Le régulateur du commerce, la Federal Trade Commission (FTC), et le gendarme boursier, la SEC, ainsi que le ministère de la Justice enquêtent sur les pratiques de Facebook, qui font aussi l'objet de plaintes venant d'Etats américains ou d'actionnaires.

La FTC cherche en particulier à savoir si Facebook n'a pas enfreint un accord amiable datant de 2011, selon lequel le réseau social s'engageait au respect des données personnelles et à la transparence quant à leur utilisation. Selon la presse américaine, la FTC et le groupe californien négocient le montant d'une amende qui pourrait se chiffrer à quelque 2 milliards de dollars.

P.S. avec AFP