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Comment un développeur français a ressuscité le CaraMail des débuts

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Un développeur français de 34 ans s'est efforcé de recréer à l'identique l'emblématique service de messagerie CaraMail. Son site, JuneLive.net, permet de revisiter ce qui fut l'un des plus importants portails Web communautaires francophones des années 2000.

Il a accompagné les balbutiements du Web grand public en France. Le service de messagerie CaraMail, lancé en 1997, comprenait à sa grande époque un très populaire chat, des forums, un annuaire ou encore un onglet de vente aux enchères. À la pointe de la technologie en 2002, il aura été mis à profit par Jacques Chirac, alors en campagne, pour répondre aux questions de nombreux adolescents. Relégué aux oubliettes par des MSN Messenger et autres Facebook, il se cantonne aujourd'hui au simple envoi de mails. 

Ce portail Web communautaire déchu n'en reste pas moins emblématique d'une époque: celle du début des années 2000, des premiers services Web grand public et rencontres virtuelles sur des sujets d'intérêt communs. Nicolas Quenault, 34 ans et qui réside à Tours s'est efforcé de lui rendre hommage. Son site, Junelive.net, reprend le code couleur et les principales fonctionnalités de l'ancien forum français. 

S'y trouvent ainsi, sous le design et la typologie minimaliste de l'époque, une boîte mail, un chat permanent ou encore une liste de salons de discussion dédiés à des sujets spécifiques, dont l'informatique, la Belgique, les jeux de rôles, ou encore à des catégories d'âge - la première comprenant des 10-14 ans.

Le retour des salons permanents

"J'étais un grand utilisateur de CaraMail entre mes 14 et 16 ans et sa disparition a fait de nombreux nostalgiques", explique-t-il auprès de BFM Tech. "Aucun réseau social ni service de rencontres ne retranscrivait exactement ce qu'était ce site. Je l'ai donc recréé moi-même, en m'appuyant sur des captures écran des différentes pages ou en en recréant certaines dans l'esprit de CaraMail".

Sa version finale, très récente, fait suite à une première tentative avortée en 2012 puis à un nouveau départ du projet en 2017.

L'audience actuelle du site reste minime. Une cinquantaine d'utilisateurs est en moyenne en ligne, contre des pics de près de 40.000 connexion simultanées pour CaraMail à son apogée. Malgré cette communauté restreinte, Nicolas Quenault fait face à son échelle aux problèmes dont pâtissent les plus grands réseaux sociaux. Il vient ainsi modérer à la main les contenus haineux ou déplacés, ou se confronte à l'invasion de publicités. Et répondre, à ses heures perdues, aux questions de ses utilisateurs.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech