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Photo par drone: le lauréat des Drone Awards livre ses conseils pour bien débuter

La prise de vues par drone se démocratise. Le Français Florian Ledoux s'est illustré cette année dans cette discipline avec sa photo "Haut-dessus de l'ours polaire" qui a remporté de nombreux prix. BFM Tech l'a rencontré à l'approche du Salon de la photo à Paris.

Prendre de la hauteur ne semble pas être un problème pour Florian Ledoux. Malgré une année couronnée de succès, le photographe correspond bien à l'aventurier silencieux qui sillonne les grands espaces. BFM Tech l'a rencontré, à quelques jours de l'ouverture du Salon de la photo à Paris, pour parler de la photo prise à partir de drones, pratique de plus en plus répandue. 

6000 kilomètres en voilier

La carrière de Florian Ledoux commence dans la Marine où il devient reporter d'images. Aujourd'hui indépendant, il se qualifie de "photographe animalier arctique". Une image va le propulser sur le devant de la scène: "Haut-dessus de l'ours polaire". Elle remporte de nombreux prix: les Drone Awards, le grand prix Skypixel, "Photographe drone de l'année" au Siena international photo awards en Italie…

Ce moment précis où un ours polaire saute d'une plaque de glace à l'autre a été capturé en 2017. Le Breton faisait partie d'une expédition de deux mois au nord du Canada au Nunavut. Plus de 6000 kilomètres en voilier pour aller à la rencontre des animaux des régions polaires. C'est vers la fin du voyage que trois ours font leur apparition. Le marin les observe un moment puis décide de sortir son drone. Dans un premier temps très haut pour ne pas les effrayer. Puis, l'appareil descend petit à petit. Assez bas, pour saisir cette image unique. 

Une nouvelle vision sur le monde

Tout l'intérêt de la photographie par drone réside dans cette nouvelle vision sur le monde. "On n'est plus embarqué dans un hélicoptère, on ne fait plus corps avec son appareil", souligne Florian Ledoux. Le choix d'un angle de vue se fait désormais à travers un écran, mais cela permet de se rapprocher comme jamais de certaines scènes.

Pour saisir la beauté du Grand Nord, le photographe possède un Inspire 2 de DJI équipé d'une caméra Zenmuse X7 et d'un Phantom pro 4 du même fabricant. Ces deux appareils produisent des "images assez exceptionnelles". Selon le spécialiste, il existe aujourd'hui sur le marché des drones de qualité capables de filmer en 4K, à des tarifs abordables.

Quatre drones crashés

Avant de partir avec son drone, Florian Ledoux conseille de se faire une check-list pour éviter tout oubli: batteries, cartes mémoire, accessoires, etc. Autre recommandation: toujours se conformer à la législation en vigueur, en France ou à l'étranger, avant de filmer ou photographier un endroit. 

Il faut également avoir en tête que cette pratique comporte des risques. L'aventurier reconnait qu'il a déjà crashé quatre de ses drones. Pour éviter cette déconvenue, il recommande dans un premier temps de ne pas survoler l'eau. En cas de problème, il sera plus facile d'atterrir sur la terre. Il faut également privilégier les zones dégagées, les grands espaces sans arbres, à distance des populations. Il est préférable de ne pas voler par mauvais temps même si avec l'habitude, il devient possible de pousser le drone dans ses limites.

Enfin, il ne faut jamais perdre de vue que le drone est une machine avec des hélices, bien plus dangereuse qu'un appareil photo. "Une fois, mon drone m'a découpé ma doudoune au Groenland. Cela peut être dangereux." explique le photographe.

Elise Maillard