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Nextdoor, Mesvoisins, Smiile: les réseaux d'entraide entre voisins pour faire face au confinement

Le confinement, à Paris.

Le confinement, à Paris. - Martin BUREAU / AFP

Les réseaux d'entraide entre voisins trouvent toute leur utilité en cette période de confinement, pour faire garder ses enfants, participer aux courses de personnes vulnérables ou faire imprimer une attestation de sortie. A condition de garder ses distances.

Ils avaient pour objectif initial de recréer du lien entre voisins et de remédier à l'isolement, l'exclusion ou la surconsommation. Les réseaux de voisinage prennent désormais tout leur sens, alors qu'Emmanuel Macron a exhorté ce lundi les Français à rester chez eux autant que possible, et ce pour quinze jours minimum. Du simple petit geste, tel que l'impression d'une attestation de sortie, à la garde d'enfants, tous viennent trouver leur place en cette période de confinement.

Nextdoor

Créé aux Etats-Unis en 2011, Nextdoor s'est particulièrement bien implanté en France, et en particulier dans ses grandes villes. Son application met ses utilisateurs en contact avec leurs voisins, à partir de leur seule adresse. Il est dès lors possible de poster des annonces, de partager des conseils, ou de demander un coup de main.

Depuis quelques jours, Nextdoor appelle spécifiquement à l'entraide entre voisins, par le biais d'une campagne dédié. "Nous avons créé dès jeudi soir une page spéciale pour les solutions de garde et pour les demandes d'aide aux courses, pour personnes vulnérables ou mobilisées en première ligne", fait savoir l'entreprise auprès de BFM Tech. "Nous n'hébergeons en revanche pas de plateforme de paiement. Il s'agit d'un vrai service de mise en relation des voisins."

Le service a en une semaine observé une forte croissance des posts échangés, des commentaires, des inscriptions. Il revendique, en France, +400% de publications, +300% d'inscriptions et surtout +800% de commentaires échangés. Les préoccupations de ses utilisateurs se retranscrivent dans les mots-clés les plus recherchés actuellement: coronavirus, école, solidarité et courses, toujours d'après les données transmises par l'entreprise.

Une carte d'entraide, rendue disponible aux Etats-Unis, devrait bientôt voir le jour en France. "Nous avons également noué un partenariat avec le Ministère de la Santé, pour les aider à remplir leur mission", complète l'entreprise. Des publications mettant en avant les gestes barrière sont ainsi diffusées, quartier par quartier.

Disponible sur iOS et Android - Plus d'informations sur le site Nextdoor.

Une campagne d'entraide face au coronavirus.
Une campagne d'entraide face au coronavirus. © Nextdoor.

Smiile

Lancé en 2014, par l'entrepreneur David Rouxel, le seul réseau social de voisinage français compte un demi-million d'utilisateurs. Son credo actuel: "Le voisinage de proximité devient le premier rempart pour faire face aux imprévus de la vie."

En cette période d'épidémie, l'entraide sur Smiile se concrétise en garde d'enfants entre voisins, en mutualisation des courses en pharmacie ou au supermarché, en récupération de colis, ou encore en proposition de promenade d'animaux domestiques. Des conseils de livres, de jeux de société ou de ressources pédagogiques sont également partagés sur le réseau.

Un filtre "COVID-19" a par ailleurs été créé pour "accéder aux contenus et partages les plus utiles en ces temps de crise, directement". "Il s'agit de permettre d'organiser l'entraide de voisinage tout en gardant ses distances", rappelle David Rouxel, qui constate également une recrudescence d'inscription de +300% en une semaine. Le service peut également être utile pour imprimer une simple attestation de sortie voire même partager une connexion Wi-Fi.

Disponible sur iOS et Android - Plus d'informations sur le site de Smiile.

Le réseau d'entraide entre voisinage français au demi-million d'utilisateurs.
Le réseau d'entraide entre voisinage français au demi-million d'utilisateurs. © Smiile

Mesvoisins

Le réseau d'entraide allemand entre voisins s'est lancé en France en septembre 2017, d'abord à Paris puis dans de grandes villes de province: Lyon, Marseille, Nantes, Bordeaux, Lille. A la manière des autres services de mise en relation de voisinage, il suffit de s'inscrire, de donner son adresse pour être situé dans un quartier, avant d'entrer en contact avec les autres usagers par centres d'intérêt, offres de services, ou demandes.


Tous les services de proximité sont compilés dans un tableau de bord, par quartier. Petit plus en cette période de confinement: les équipes de la startup ont fait appel à un "Voisin Informateur" par quartier, sur la base du volontariat. Ce dernier fera figure d'interlocuteur privilégié pour le quartier pour dispenser les informations départementales et centraliser les requêtes, venir en aide et s’enquérir des personnes âgées.

Plus d'informations sur le site MesVoisins.fr.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech