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Affaire Tapie: alors qu'il risque la prison, Stéphane Richard reste soutenu par les cadres d'Orange

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- - Eric Piermont - AFP

Coup dur pour le PDG d'Orange: au banc des accusés dans l'affaire de l'arbitrage "truqué" entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais, Stéphane Richard risque une peine de trois ans de prison dont 18 mois fermes. S'il est condamné, il devra quitter son poste chez l'opérateur télécom. Une mauvaise nouvelle pour les salariés, selon le syndicat de cadres CFE-CGC d'Orange.

Trois ans de prison dont 18 mois fermes viennent d'être requis contre Stéphane Richard, le PDG d’Orange. Chez l’opérateur historique, c’est le choc, car si une condamnation est prononcée, le dirigeant devra quitter ses fonctions. L’Etat, principal actionnaire d'Orange, compte bien rester ferme sur ce point.

Chez Orange, silence radio. Le service de communication du groupe ne fait aucun commentaire. "Il s’agit d’une affaire personnelle qui ne concerne pas Orange", nous a répondu un porte-parole. En effet, le procès porte sur les plus de 400 millions d'euros accordés à Bernard Tapie en 2008 dans l'arbitrage entre l'homme d'affaires et le Crédit Lyonnais. A l'époque, Stéphane Richard était directeur du cabinet de la ministre de l'Economie de l'époque, Christine Lagarde.

Orange aurait néanmoins réalisé des études d'impact sur les conséquences de l'affaire. Elles seraient "minimes en interne comme en externe", selon le Figaro

Stéphane Richard "a ramené la paix sociale"

En attendant le verdict, les salariés seraient bouleversés par cette situation, selon l’aveu de Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC d'Orange (Confédération française de l'encadrement - Confédération générale des cadres): 

"C’est assez violent pour les salariés qui, dans l’ensemble, soutiennent Stéphane Richard", explique-t-il à BFM Eco. "Il est accusé d’avoir fait une présentation tronquée à Madame Lagarde qui, elle, a été condamnée pour négligence", rappelle le responsable syndical. 

"S’il prend trois ans pour cela, Didier Lombard devrait prendre perpét’", lance-t-il en faisant référence aux poursuites judiciaires de l’ancien patron du groupe, à l'époque France Télécom, pour harcèlement moral.

"Après cette période très difficile [39 salariés se sont suicidés sous la présidence de Didier Lombard, NDLR], Stéphane Richard a ramené la paix sociale dans l’entreprise et la dirige dans la sérénité", estime Sébastien Crozier qui précise que le soutien envers le patron est "massif".

Par contre, la CGT, première organisation syndicale du groupe, s'inquiète de la situation. "Nous ne commenterons pas une décision de justice, mais cette affaire crée un sentiment d'insécurité chez les salariés", nous a indiqué Christian Mathorel, secrétaire général de la CGT Poste et Télécoms. "Il ne faudrait pas que cette histoire ait des conséquences sur les conditions de travail.

Il n'est pas bon de changer de président en pleine négociations salariales". Le responsable syndical note aussi la concommitence avec le procès de Didier Lombard qui doit se tenir bientôt.

"Les deux affaires n'ont rien à voir, mais deux présidents devant la justice la même année, ça commence à faire beaucoup", note Christian Mathorel, secrétaire général de la CGT Poste et Télécoms .

En attendant la décision du tribunal dans quelques semaines, Orange ne devrait pas subir une désorganisation nuisible à son fonctionnement. D’autant que l’annonce de la peine requise n’a pas eu de conséquences en bourse. En cas de départ brutal du PDG, quelle que soit la raison et pas seulement judiciaire, le groupe a pris des dispositions. Stéphane Richard sera remplacé dans un premier temps par l’un des mandataires sociaux, Gervais Pellissier ou Ramon Fernandez.

dossier :

Affaire Tapie

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco