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Face aux vagues de chaleur, comment rafraîchir son logement sans opter pour la climatisation

La France fait face à une grosse vague de chaleur

La France fait face à une grosse vague de chaleur - afp

La France connaît une nouvelle vague de chaleur. Pour s'en protéger, la meilleure solution est évidemment d'isoler efficacement son bien immobilier. Mais il existe également des petites astuces pour limiter la hausse des températures dans le logement.

"Dans le contexte du changement climatique, les périodes de vagues de chaleur sont amenées à devenir plus fréquentes et tendent à s’installer plus précocement au cours du printemps qu’avant", explique Météo-France. La preuve s'il en faut, cette semaine, les températures atteindront les 40 degrés localement. Ainsi, la France devrait être touchée par la canicule la plus précoce depuis le début des relevés météorologiques.

Pour supporter ces épisodes, il existe des astuces et des vraies solutions pour rafraîchir son logement, sans opter pour une climatisation.

Les astuces pour rafraîchir son logement

Le premier réflexe à avoir est d'éviter que la chaleur n'entre dans le logement. Il est donc préconisé de fermer les fenêtres ainsi que ses volets et de tirer les rideaux aux heures les plus chaudes. Dès que le mercure redescend un peu, à la fin de la journée, pensez à rouvrir pour aérer et faire entrer un peu de fraîcheur. Il existe également des films anti-chaleur qu'il est possible de coller sur les fenêtres.

Une autre astuce est de jouer avec l'humidité. Il est conseillé, par exemple, d'arroser la terrasse ou le balcon afin de rafraîchir l'atmosphère. Idem pour son logement, passer une serpillière mouillée sur le sol ou dans les combles. Par effet d'évaporation, l'humidité absorbe une partie de la chaleur. Dans la même idée, faire sécher son linge ou étendre des draps mouillés aux fenêtres peut faire du bien.

Installer des plantes dans le logement ou sur le balcon apporte un brin de fraicheur. Par effet d'évaporation, elles libèrent de la vapeur d'eau. Devant une fenêtre, elles peuvent en outre apporter un peu d'ombre.

Il faut également limiter les apports internes de chaleur. En effet, les appareils électroménagers en veille font augmenter la température du logement. Il est conseillé d'éteindre ceux qui ne sont pas utilisés et apportent donc de la chaleur inutile. Essayez dans le même temps de ne pas utiliser ceux qui produisent des fortes chaleurs comme le four. Et enfin, il peut être malin de changer ses ampoules contre des LED. Certaines ampoules, comme les halogènes, produisent de la chaleur.

Dernière astuce facile, le ventilateur. S'il ne produit pas de fraîcheur, le simple fait de sentir de l'air brassé peut soulager un peu. En plaçant devant de la glace ou un linge mouillé, il peut même fraichir légèrement une pièce. Dans la même idée, il faut faire circuler de l'air en ouvrant, quand cela est possible, les fenêtres situées sur deux façades opposées ou sur plusieurs niveaux.

Isoler son logement

Mais face à ces vagues de chaleur de plus en plus nombreuses, cela peut devenir intéressant d'isoler efficacement son logement. L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie a publié en 2013 un guide dont elle a fait une version allégée en 2022 sur "Comment garder son logement au frais en été?". Dedans, elle préconise en premier lieu de créer de l'ombre pour les ouvertures en posant des volets ou des stores extérieurs. " Si ces solutions ne sont pas envisageables, pensez aux stores intérieurs. Moins efficaces que les protections extérieures, ils permettent de limiter un peu l’inconfort des surchauffes".

L'Ademe conseille évidemment de réaliser une isolation par l'extérieur pour les murs et d'isoler la toiture. Elle rappelle que le toit peut représenter de 25 à 30% des pertes thermiques et les murs 20 à 25%. Les fenêtres sur les toits (comme les vasistas) sont d'ailleurs à l'origine d'importants apports de chaleur.

Enfin, l'Ademe rappelle que les végétaux peuvent voler à votre secours. "Les végétaux à feuilles caduques procurent un agréable ombrage en été, mais ne masquent pas le soleil en hiver". Différentes solutions s’offrent à vous pour en profiter. "Vous pouvez plantez un arbre isolé devant une baie vitrée, au sud ou à l’ouest, créez une pergola pour abriter votre terrasse, une treille au-dessus d’une fenêtre plein sud, un écran de plantes grimpantes le long d’une véranda : leur ombrage filtrera le soleil, installez une haie pour faire écran aux rayons du soleil à l’ouest et faire de l’ombre tout en laissant l’air circuler, limitez la surface maçonnée de votre terrasse, elle réfléchira moins les rayons du soleil, utilisez les végétaux secs pour faire de l’ombre : rideaux de canisses, brande ou bambou…"

Y penser dès la conception

Evidemment, la vraie solution pour avoir un logement frais sans installer une climatisation est de penser à la problématique de la chaleur dès la construction. Tout d'abord, il faut tenir compte de la topographie. "L’implantation sur une pente, où l’air circule naturellement, est plus favorable que dans un fond de cuvette", rappelle l'Ademe. Si le terrain est en pente, il est aussi possible de profiter de la fraîcheur relative du sol en été pour limiter les variations de température dans certaines pièces, en réalisant une construction semi-enterrée.

Ensuite, il est important de soigner la conception du bâtiment. L'orientation est un facteur important. "L’idéal est une maison dont la façade principale, la plus vitrée, regarde le midi", affirme d'Ademe et d'opter pour un logement traversant. Il est bon de privilégier le respect des traditions de construction.

L'orientation du bâtiment
L'orientation du bâtiment © Ademe

Concernant les surfaces vitrées, il faut doser. Il en faut suffisamment pour procurer une lumière agréable mais éviter les surchauffes estivales et les déperditions hivernales. Pour cela, l'Ademe préconise d'opter pour des baies vitrées ou grandes fenêtres au sud-est. Prévoir des ouvertures plus modestes à l’est, éclairé par le soleil du matin. À l’ouest, pour éclairer sans surchauffe, privilégiez des petites fenêtres ou des dispositifs d’éclairage indirect. En cas de vérandas ou serres, il faudra opter pour des occultations efficaces et une bonne isolation entre la véranda et la maison.

Il peut également être pertinent d'installer des protections solaires qui laissent passer la lumière. "Une ouverture située au sud est assez facile à protéger. Un auvent ou un store de largeur modeste suffisent à ombrer, en été, une baie vitrée située au-dessous, note l'Ademe. "Pour une ouverture située à l’ouest, la protection est plus difficile. Dans l’après-midi et le soir, les rayons du soleil sont plus bas et frappent de plein fouet les façades ouest, au moment de la journée où il fait le plus chaud. Pour ombrer une telle ouverture, il faut soit un auvent beaucoup plus large, soit un écran ou un vis à vis devant la fenêtre".

Les protections solaires
Les protections solaires © Ademe
Les protections solaires
Les protections solaires © Ademe

Il est également possible d'apporter de l'air extérieur via un puits climatique. "Un conduit souterrain, enterré à 2 m de profondeur environ, amène dans la maison l’air de renouvellement. Celui-ci est rafraîchi par son passage dans le sol, plus frais que l’air extérieur. Ce système permet d’abaisser la température intérieure de quelques degrés", précise l'Ademe qui conseille néanmoins de faire attention. Il faut faire appel à un spécialiste qui prendra bien en compte la longueur du puit, son diamètre, sa profondeur, l'hygiène, …

Le puits climatique
Le puits climatique © Ademe

Et enfin, il faut choisir les bons matériaux. "L’inertie thermique d’un bâtiment est sa capacité à stocker de la chaleur dans ses murs, ses planchers, etc. Plus l’inertie d’un bâtiment est forte, plus il se réchauffe et se refroidit lentement. Plus les murs sont épais et les matériaux lourds (béton, pierre, brique pleine, terre crue, etc.), plus l’inertie est grande".

Dans la même veine, il est possible de jouer sur les couleurs de la façade. Les couleurs claires réfléchissent la lumière et la chaleur. Dans un précédent article, Amandine Crambes, ingénieure urbaniste à l'Agence pour l'environnement et la maîtrise de l'énergie, expliquait : "S'il fait 26°C, une toiture foncée pourra atteindre jusqu'à 80°C, la même toiture en couleur claire plutôt 45°C, et la même végétale ne montera pas au-dessus de 29°C".

https://twitter.com/DianeLacaze Diane Lacaze Journaliste BFM Éco