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Sursaut des prix de l'immobilier à Paris en octobre

Dernière hausse de prix avant la baisse à Paris ?

Dernière hausse de prix avant la baisse à Paris ? - dr

L’immobilier parisien a renoué avec des prix en hausse au mois d’octobre, selon le baromètre publié par Meilleursagents. Une augmentation de 1,5 %, « conséquence inattendue et temporaire de la réforme fiscale », estime le réseau.

Les indices immobiliers se suivent et ne se ressemblent pas toujours… Ou devrait-on dire toujours pas ? Comme c’est le cas depuis de nombreux mois déjà, les conclusions du baromètre du groupe MeilleursAgents diffèrent assez sensiblement de celles des Notaires : quand la dernière note de conjoncture de la chambre, dévoilée jeudi, fait état d’une stabilisation des prix parisiens depuis le mois de juillet, MeilleursAgents, lui, évoque une hausse de 1,5 % sur un mois en octobre, après trois baisses consécutives de juillet à septembre.

On le sait, les différences entre les deux indicateurs tiennent avant tout au fait qu’ils ne couvrent pas la même période. MeilleursAgents communique sur les promesses de vente passées au mois d’octobre, quand les Notaires regardent les actes signés sur la période juillet - septembre, correspondant, donc, à des promesses passées trois mois plus tôt. Un écart qui fait dire au groupe que son baromètre anticipe les variations de l’indice des Notaires d’au moins trois mois.

Des vendeurs « pressés de vendre »

Sébastien de Lafond, président du groupe, voit dans le rebond du mois d’octobre une conséquence de l’annonce du durcissement de la fiscalité appliquée aux plus-values immobilières. « Pressés de vendre avant l’échéance du 1er février 2012, et donc de signer une promesse avant la fin octobre, de nombreux propriétaires ont décidé de mettre leurs studios et deux pièces sur le marché » plus rapidement que prévu, explique le dirigeant. Ces biens de petite taille, qui ont représenté plus de 60 % des transactions du mois d’octobre, ont vu leur prix grimper de 2,2 % en moyenne sur un mois, quand les appartements plus grands, de trois pièces et plus, n’ont progressé que de 0,5 %. Ces biens de petite taille vendus à la hâte se sont principalement retrouvés sur le marché du centre de Paris, et « ont fait monter les prix de 3,5 à 4 % dans les 1er, 2ème, 3ème, 4ème, 5ème, 6ème, 7ème et 8ème arrondissements », poursuit Sébastien de Lafond. Les arrondissements traditionnellement moins plébiscités, comme les 18ème,19ème et 20ème ont, eux, soit stagné soit baissé légèrement.

Un contexte toujours à la baisse

Selon toute logique, cette hausse des prix ne devrait être que temporaire. Selon MeilleursAgents, la tendance structurelle du marché parisien reste baissière : une fois passé l’effet de la réforme des plus-values, la conjoncture économique incertaine, le durcissement du marché du crédit et la suppression du prêt à taux zéro (PTZ+) dans l’ancien promettent de limiter le nombre de candidats à l’achat. « En conséquence, les stocks de produits à vendre [va continuer d’augmenter], sur un marché qui se stratifie de plus en plus entre des biens de très bonne qualité et très bien situés qui se vendent, et les autres qui restent de plus en plus longtemps en vitrine », conclut Sébastien de Lafond.

Léo Monégier et Emmanuel Salbayre