BFM Immo

Les retards de paiements des locataires HLM ont gonflé avec la crise

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - AFP

Chaque année, les organismes HLM constatent des retards de paiement de l'ordre d'un milliard d'euros. Avec la crise sanitaire et économique, ce chiffre monte encore.

La crise sanitaire et ses confinements réguliers dégradent la situation économique des locataires HLM. Et cela se faire sentir dans les retards de paiement. Joachim Soëtard, directeur des affaires publiques, de la communication et du digital à l'Union sociale pour l'habitat (USH) nous confie que les organismes HLM suivent régulièrement les retards de paiement des locataires et "ils se montent à un milliard d'euros chaque année". Cette année, ce chiffre grimpe encore plus haut.

Joachim Soëtard précise : "Lors du premier confinement, tout était fermé (loges, sièges des organismes, …). Or 7 à 8% des locataires paient en liquide. Ils ne pouvaient tout simplement pas payer leur loyer". C'est pourquoi l'USH a constaté un surplus des retards de paiement de 150 millions d'euros. D'ailleurs, dès l'été, avec le déconfinement, ce surplus est tombé à 100 millions. Et la situation s'améliore. Aujourd'hui, le surplus des retards de paiement s'élevait à 65 millions d'euros fin octobre 2020 par rapport à la situation de février 2020. Cela signifie donc qu'à fin octobre, les retards de paiement des locataires HLM s'élevaient à près de 1,065 milliard d'euros, contre un milliard d'euros en temps normal.

Mais retard de paiement ne signifie pas forcément impayé de loyer à terme. La Fondation Abbé Pierre rappelle que "sans allocation logement, l'impayé de loyer est constitué à partir du moment où le loyer n'est pas payé à la date convenue. Si une allocation logement est versée au locataire, l'impayé est constitué à partir du non-paiement de 2 mois de loyers (+ charges) en totalité (consécutifs ou non) ou son équivalence en montant. Si l'allocation logement est versée directement au bailleur (en tiers payant), l'impayé est constitué à partir du non-paiement de 3 termes consécutifs nets (sans l'allocation), ou d'une somme qui équivaut à 2 loyers bruts (+ charges)".

Aider les publics les plus fragiles

Début mai 2020, l'Union sociale pour l'habitat, les fédérations qui la composent et les cinq associations nationales de locataires siégeant à la Commission nationale de concertation signaient une charte commune d'engagements relative à l'accompagnement des locataires en HLM en situation de fragilité économique dans le cadre de la crise sanitaire de la Covid-19. Le Mouvement HLM, représenté par Emmanuelle Cosse, présidente de l'Union sociale pour l'habitat et les cinq présidentes et présidents des fédérations qui composent l'USH et les représentants de quatre associations nationales de locataires, l'AFOC, la CGL, la CLCV et la CSF ont décidé de signer un avenant à cette charte.

"Cinq nouveaux engagements sont ajoutés. La possibilité d'accorder des délais de paiement des loyers est prorogée jusqu'à la quittance du mois de mai 2021 incluse. Un accent est spécifiquement mis sur le soutien et l'accompagnement des victimes de violences conjugales et familiales dont la vulnérabilité est accrue en période de confinement. Les conditions de la réalisation des états des lieux d'entrée réalisés en l'absence de représentant du bailleur social sont précisées. Le suivi de l'application de la charte et de son avenant sera renforcé. Afin de renforcer encore les effets opérationnels de la charte, les différents signataires s'engagent à la promouvoir auprès de leurs adhérents respectifs", précise un communiqué.

Diane Lacaze