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Voici les grandes villes qui ont fait le plus bondir leur taxe foncière depuis 10 ans

Parmi les 50 plus grandes communes françaises, la progression de la taxe foncière depuis 2010 varie fortement, les hausses oscillant entre 11% et jusqu'à plus de 37%.

Alors que la taxe d'habitation est en passe d'être supprimée pour tous les contribuables sur la résidence principale, les propriétaires vont de plus en plus avoir les yeux tournés vers la taxe foncière. D'autant que celle-ci continue de progresser rapidement, selon les dernières données de l'observatoire national des taxes foncières publié mardi par l'Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI). La taxe foncière payée par les contribuables a ainsi progressé de 27,9% entre 2010 et 2020, selon les calculs de l'UNPI. Soit pratiquement quatre fois plus que l'inflation sur la période (+8,9%). C'est aussi davantage que l'évolution moyenne des prix de l'immobilier ancien de début 2010 à fin 2020, qui a été de 23% selon les données de l'Insee et des notaires.

Dans le détail, ce calcul pour la taxe foncière (ici hors taxe d'enlèvement des ordures ménagères - ou TEOM - et les autres taxes associées) inclut la revalorisation des valeurs cadastrales sur la période (qui ont été majorées de 14,2% en dix ans) ainsi que l'augmentation des taux appliqués sur ces valeurs cadastrales. Pour rappel, la taxe foncière est calculée à partir de la valeur cadastrale d'un bien. Le fisc part de cette valeur locative théorique du bien immobilier (liée à la valeur et au niveau de confort du bien) et applique ensuite plusieurs taux d'imposition (celui de la commune et de l'intercommunalité, sachant que le taux du département est désormais intégré à celui de la commune). Il existe par ailleurs des exonérations ou des réductions du montant, par exemple en fonction des revenus du contribuable, en raison d'un handicap ou de l'âge du contribuable.

Nantes a eu la main lourde

Reste que certaines collectivités ont eu la main bien plus lourde que d'autres au cours de la dernière décennie. Sur l'ensemble des villes étudiées par l'observatoire, c'est la petite commune de Tavaco en Corse du Sud (385 habitants en 2018 selon l'Insee) qui remporte la palme, avec une progression de 234% de la seule taxe foncière de 2010 à 2020. Elle est suivie par Bouqueval (+179,5%) et Villiers-Adam (+176,3%), toutes les deux dans le Val-d'Oise.

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Néanmoins, il s'agit ici de villages peu représentatifs. En se concentrant sur les 50 villes les plus peuplées de France, qui regroupent quelque 11 millions d'habitants, les augmentations sont moins impressionnantes mais restent conséquentes. Et en dix ans, c'est alors à Nantes que la taxe foncière a le plus progressé (+37,5%), devant Villeurbanne (+36,8%), Clermont-Ferrand (+36%), Lille (+36%) et Saint-Denis en Seine-Saint-Denis (+33,6%). En tout, 18 villes sur 50 affichent une évolution supérieure à la moyenne nationale.

Retrouvez-ci-dessous l'évolution sur 10 ans de la taxe foncière dans les 50 plus grandes villes:

A l'inverse, 32 communes du top 50 sont en-dessous de cette moyenne. Caen dans le Calvados affiche la progression la plus faible (+11,1%), finalement assez proche de l'évolution des prix à la consommation. Arrivent ensuite Grenoble (+13,3%), Nice (+14,8%) et Montpellier (+14,9%), où les niveaux de taxe foncière ont progressé deux fois moins vite que la moyenne nationale.

Paris, qui est connue pour avoir des montants de taxe foncière très raisonnables par rapport à ceux des villes voisines, affiche une progression de 18% en dix ans. Parmi les autres grandes villes, Marseille (+23%), Lyon (+27,7%) et Toulouse (+28,2%) sont dans des situations intermédiaires. Des éléments à avoir en tête lorsqu'on achète un bien immobilier.

https://twitter.com/jl_delloro Jean-Louis Dell'Oro Rédacteur en chef adjoint BFM Éco