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Le logement plombe davantage le budget des ménages en France que dans le reste de l'OCDE

Le logement pèse lourd dans le budget des ménages

Le logement pèse lourd dans le budget des ménages - Bertrand Guay - AFP

L'OCDE déplore le poids du logement dans le budget des ménages. Et il expose ses solutions pour le faire baisser.

Dans les pays développés, l'accès à un logement abordable devient "de plus en plus difficile", s'inquiète l'OCDE dans un rapport* repéré notamment par Le Figaro. "C'est le poste le plus important du budget des ménages", déplore l'organisation. De 2005 à 2015, le poids du logement dans les dépenses des ménages de l’OCDE a connu une hausse de près de 20%. Ainsi en 2015, les ménages à revenu intermédiaire** y consacraient 31,6% de leurs dépenses, contre 25,4% dix ans plus tôt. Une tendance à la hausse qui a continué après 2015.

Cette proportion grimpe même à 37% pour les ménages du premier quintile (les 20% qui gagnent le moins), contre 25% pour les ménages du dernier quintile (les 20% qui gagnent le plus).

Il faut cependant noter qu'il s'agit du budget logement au sens large. Outre les loyers ou les mensualités de crédit immobilier, ces dépenses comprennent les services et les frais, l'entretien et les réparations régulières, les taxes et les services publics, qui sont appelés "frais de logement total". Si on se concentre uniquement sur les loyers ou les mensualités de remboursement des crédits immobiliers, pour lesquels on dispose de données plus détaillées, la part médiane du coût du logement pour les ménages tombe à 18,6% (du revenu disponible cette fois-ci) dans les pays de l'OCDE en 2019.

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Des propriétaires français parmi les moins bien lotis

Sur ce plan, la France se situe au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE, avec un coût du logement médian (50% des personnes paient davantage, 50% paient moins), propriétaires comme locataires, de 22,2% du revenu disponible en 2019.

Il existe néanmoins une nette différence entre les locataires et les propriétaires dans l'Hexagone, si on les compare aux autres pays de l'OCDE. Le coût médian des loyers pour les ménages est ainsi dans la moyenne des pays de l'OCDE.

Et si le poids du logement pour les propriétaires est au même niveau que pour les locataires, c'est une particularité française. Généralement dans les pays de l'OCDE, les propriétaires ont un coût du logement moins élevé. Les propriétaires français comptent même parmi ceux dans les pays de l'OCDE qui paient le plus par rapport à leur revenu disponible. Ce qui fait remonter la moyenne générale des ménages français.

Mais la progression du coût du logement est un problème qui concerne tous les pays de l'OCDE. Depuis les années 2000, les prix immobiliers, corrigés de l'inflation, ont progressé dans l'OCDE de 88%, soit beaucoup plus rapidement que les revenus. Il faut désormais 13 ans pour acheter 100m², contre 8 ans en 2000. L'OCDE explique cela par plusieurs raisons. Tout d'abord, la pression démographique avec des besoins qui augmentent. Ensuite, la hausse des revenus des ménages. Mais ce que déplore l'OCDE, c'est surtout la multiplication des avantages fiscaux et des aides financières aux locataires. D'un côté, elles sont coûteuses pour les finances publiques, de l'autre elles sont essentiellement captées par les propriétaires.

Attention à l'encadrement des loyers

Que préconise alors l'OCDE? L'organisme propose de diriger les aides vers la rénovation et la construction de logements sociaux dont l'offre ne cesse de reculer. Sur ce point, la France fait plutôt partie des bons élèves avec un taux de logements sociaux qui progresse.

L'autre piste est un changement de fiscalité en réformant la taxation au moment de l'achat. En France, avec les droits de mutation et les autres frais annexes lors d'une vente, on perd rapidement plus de 10% du prix de vente à chaque transaction. Ce qui plombe la mobilité des ménages. L'OCDE propose donc plutôt de baisser ces taxes à l'achat et d'alourdir l'imposition de la détention du bien, par exemple avec une super taxe foncière.

L'OCDE préconise également de simplifier les règles de construction et de limiter les pouvoirs locaux lors de l'obtention des permis de construire. Trop de maires ou de riverains s'opposent à des chantiers et ralentissent les constructions. Enfin, l'organisation rappelle que l'encadrement des loyers risque sur le long terme d'amoindrir l'offre de logements locatifs.

*"Pierre par pierre : Bâtir de meilleures politiques du logement" (OCDE 2021)

**Les ménages gagnant entre 75% et 200% des revenus d'activité médians

D. L.