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Fermeture des centres commerciaux : Le Maire promet que "les loyers seront pris en charge"

Le centre commercial Confluence à Lyon, le 30 janvier 2021

Le centre commercial Confluence à Lyon, le 30 janvier 2021 - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Le ministre de l'Economie a détaillé sur RTL les mesures de soutien mises en place pour les grands centres commerciaux qui sont désormais contraints de fermer. Avec une nouvelle aide à venir concernant les loyers.

Bercy va mettre en place une nouvelle aide pour prendre en charge les loyers dans les grands centres commerciaux. Face à la propagation du coronavirus, le gouvernement a en effet décidé la fermeture depuis dimanche 31 janvier des centres commerciaux non-alimentaires de plus de 20.000 m2. Au total, près de 400 centres ou magasins sont concernés, soit 25.000 commerces.

"C'est un effort très important qui leur est demandé. (…) C'est beaucoup 25.000 commerces. D'ailleurs c'est des milliers de salariés qui aujourd'hui n'ont pas repris le chemin du travail. Donc nous les indemniserons totalement et rapidement", a expliqué Bruno Le Maire ce lundi matin sur RTL.

"La question la plus sensible"

"Ils auront accès au Fonds de solidarité, tous les commerces, déplafonné jusqu'à 200.000 euros par mois. Ils auront accès à la prise en charge de 70% de leurs charges fixes. Ils auront accès au chômage partiel et ils auront accès à l'exonération de charges", détaille-t-il.

"Tous les dispositifs, qui pour l'instant ne sont pas ouverts à tous les commerces, leur seront ouverts. Et nous traiterons en particulier la question des loyers qui, je sais, est la question la plus sensible pour ces grands centres commerciaux et pour ces commerces", a-t-il ensuite précisé. Avant d'ajouter: "Les loyers seront pris en charge. Et, j'en ai pris l'engagement samedi, j'ai discuté avec tous ces représentants des centres commerciaux: il est parfaitement normal qu'à partir du moment où on les ferme, ils n'aient pas de charges à assumer".

Des foncières à bout de souffle

Une mesure fortement attendue par les professionnels du secteur. "Il est évident que c'est le commerce du quotidien qui est en difficulté aujourd'hui. Et sans une aide colossale, c'est-à-dire une indemnisation totale et rapide de l'ensemble des loyers et des charges, dans l'intérêt à la fois des commerçants et des foncières, on ne s'en sortira pas", estimait ainsi ce lundi sur BFM Business le président de la société des grands magasins Frédéric Merlin.

"Aujourd'hui les bailleurs sont exonérés de tout fonds de solidarité. C'est-à-dire que nous n'avons droit à rien", indiquait-il par ailleurs.

Le loyer est généralement la plus grosse charge pour les commerces derrière les salaires. Il pèse en moyenne 10% du chiffre d'affaires dans la restauration et 20% pour les boutiques de vêtements. En 2020, de janvier à fin novembre, près de 430 millions d'euros de loyers avaient été abandonnés ou reportés pour les commerçants, selon les données de la Fédération des sociétés immobilières et foncières, qui regroupe des foncières et des filiales des assureurs. "Entre ces abandons et les impayés assez massifs du troisième trimestre, le manque à gagner atteint entre un quart et un tiers du chiffre d’affaires des foncières. C’est gigantesque", s'alarmait alors Jacques Ehrmann, le président du Centre national des centres commerciaux (CNCC).

En octobre, le gouvernement, sur proposition des professionnels du secteur, avait accepté de mettre en place un crédit d'impôt de 30% en cas d'abandon par les bailleurs commerciaux d'un mois de loyer sur la période d'octobre à décembre. Mais le dispositif avait été jugé insuffisant et ne s'applique plus sur les loyers payés depuis le 1er janvier.

J.L. D.