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Crédit immobilier : Des banques ni plus ni moins sévères

99,5 % des banques ont laissé leurs critères d'octroi inchangés au 4T

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Les banques, qui avaient assoupli leurs critères d'octroi de crédits immobiliers au troisième trimestre 2010, les ont laissés inchangés en fin d'année. La période a été marquée par une envolée de la demande de prêts à l'habitat.

Ni plus sévères, ni moins vigilantes. La dernière enquête trimestrielle de la Banque de France sur la distribution du crédit en France montre que la quasi-totalité des banques françaises n’ont « pratiquement pas changé » leurs critères d’attribution de prêts à l’habitat au quatrième trimestre 2010. A peine 0,5 % d’entre elles reconnaissent les avoir « quelque peu durcis ». Conformément à ce qu’ils indiquaient à l’automne, les établissements de crédit ont donc préféré marquer une pause en fin d’année ; pour mémoire, 26 % d’entre eux avaient « quelque peu assoupli » leurs critères au troisième trimestre, desserrant la vis après trois ans et demi placés sous le signe de la prudence.

La baisse du coût des ressources des banques et la concurrence acerbe sur le segment du crédit immobilier, qui avaient justifié l’assouplissement observé à l’automne, n’ont cette fois joué aucun effet notable sur l’offre de crédit. Le statu quo devrait d’ailleurs se poursuivre : l’ensemble des banques interrogées dans le cadre de l’enquête ont indiqué qu’elles ne modifieraient pas leurs critères d’octroi d’ici la fin du premier trimestre. A noter que l’étude ne s’intéresse pas au niveau des taux d’intérêt pratiqués par les banques. Les critères d’octroi pris en compte ici concernent les marges appliquées aux prêts distribués, les exigences en matière de quotité d’emprunt, les garanties demandées aux emprunteurs ou encore la durée maximale des prêts.

Tassement de la demande en vue

En matière de demande de crédits, les banques tablent sur une stabilisation, après sept trimestres de hausse ininterrompue, et un quatrième trimestre 2010 particulièrement actif. Près de 78 % des établissements disent avoir observé une augmentation de la demande de crédits à l’habitat au cours des trois derniers mois de l’année, dont 32,3 % une hausse qualifiée de « sensible ». Soutenue par le niveau historiquement faible des taux d’emprunt et, dans une moindre mesure, l’assouplissement des conditions d’octroi de crédits observé au troisième trimestre, cette forte hausse s’explique avant tout par l’anticipation de la modification des dispositifs d’aide à l’accession à la propriété (déductibilité des intérêts d’emprunt et prêt à taux zéro classique, interrompus le 1er janvier 2011) et à l’investissement locatif (réduction du dispositif fiscal du dispositif Scellier). Cette observation confirme les conclusions de l’Observatoire de la production de crédits immobiliers (OPCI), qui anticipe un tassement de la production de crédit immobilier jusqu’à la fin du premier trimestre, voire semestre.

Emmanuel Salbayre