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Ces facteurs qui pourraient faire grimper les taux sur les crédits immobiliers dans les mois à venir

Les taux restent bas en septembre 2021

Les taux restent bas en septembre 2021 - Philippe Huguen

Les taux de crédit immobilier sont actuellement au plus bas. Et en comparaison avec l'année 2020, Meilleurtaux.com enregistre une augmentation de 3,4% des demandes de financements pour des prêts immobiliers. Mais le courtier estime que plusieurs facteurs pourraient inverser la tendance.

2021 est une année particulièrement dynamique sur le marché du crédit immobilier. Dans son dernier observatoire, Meilleurtaux constate que l'année s'est divisée en deux parties. La demande de prêt a été très soutenue au premier semestre 2021, puis elle a ralenti très légèrement depuis l'été. En comparaison avec l'année 2020, Meilleurtaux.com enregistre une augmentation de 3,4% des demandes de financements pour des prêts immobiliers. Maël Bernier, directrice de la communication et porte-parole de Meilleurtaux.com, note que les effets du Covid et des différents confinements ont donné envie aux Français d'investir massivement dans la pierre.

Le Covid n'est, évidemment, pas la seule explication. En effet, les taux expliquent en grande partie l'appétence des Français pour l'immobilier. Depuis 2016, les taux sont inférieurs à 2%. "C'est évidemment très avantageux pour les acquéreurs. Prenons l'exemple d'un prêt sur 15 ans: en octobre 2015, le taux d'un crédit était de 2,25%, l'année suivante, en 2016, il est tombé à 1,40% ! Quatre ans plus tard, c'est encore mieux, il chute en 2021 à 0,78%", se réjouit Maël Bernier. Même tendance sur une durée de 20 ans. Le taux en 2015 était de 2,50%, un an plus tard il s'était largement amélioré pour arriver à 1,60%. Il dégringole encore cette année à 0,96%.

Inflation et régulation du secteur

Mais cette dynamique pourrait bientôt s'enrayer. Tout d'abord, rappelle Meilleurtaux, les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) vont devenir des règles contraignantes le 1er janvier 2022, à savoir 35% d'endettement maximum (assurance comprise) et une durée de 27 ans dans le neuf (différé de 2 ans) et 25 ans dans l'ancien.

Maël Bernier explique que "l'encadrement strict va sans doute entrainer un accès beaucoup plus compliqué à la propriété pour les jeunes acquéreurs, plus modestes et ne disposant pas d'épargne pour compléter leur achat".

Les banques ont certes le droit de déroger à ses règles pour 20% de leur production, mais cette souplesse doit servir d'une part à 85% aux primo-accédants et d'autre part à 80% pour le financement d'une résidence principale. "Depuis le début de l'année, les banques ont dû faire face à une très forte demande notamment de la part des primo-accédants, demande boostée par des taux très bas rendant l'achat immobilier à peine plus coûteux que la location d'un même bien dans de nombreux territoires français. Les banques ont de leur côté globalement dépassé la partie dérogatoire qui leur avait été accordée ; en d'autres termes, elles ont dérogé non pas à 20% comme recommandé mais plutôt à 30% des dossiers", explique Maël Bernier.

Et elle ajoute : "En projetant les dossiers financés entre janvier et mars 2021 avec les règles HCSF, 16% des financés par Meilleurtaux seraient exclus à conditions de taux équivalentes". D'ailleurs, ces derniers mois, le niveau d'apport personnel nécessaire pour obtenir un crédit immobilier a explosé, selon l'Observatoire Crédit Logement / CSA.

Vers des taux en hausse ?

Outre les règles du HCSF, l'inflation pourrait également jouer sur le ralentissement du marché du crédit immobilier. Maël Bernier note que si la tendance actuelle se confirme, les taux devraient normalement légèrement repartir à la hausse".

Et enfin, la libéralisation de l'assurance emprunteur pourrait potentiellement entraîner une hausse des taux sur le crédit. En effet face à une concurrence accrue, les banques, qui détiennent aujourd'hui l'essentiel de ce marché de l'assurance, pourraient compenser la baisse de leurs marges sur celle-ci en augmentant leurs marges sur le crédit en lui-même. Depuis 2018, l'amendement Bourquin permet à tous les emprunteurs de résilier chaque année, à date d'anniversaire leur contrat d'assurance. "Jusqu'à aujourd'hui, il faut attendre la date d'anniversaire pour en changer. Mais les choses pourraient bien évoluer différemment avec sans doute de nouvelles mesures législatives d'ici la fin de l'année permettant de résilier son assurance de prêt à tout moment", prévoit Meilleurtaux.

https://twitter.com/DianeLacaze Diane Lacaze Journaliste BFM Éco