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Les ventes immobilières battent un nouveau record, à plus de 1,2 million de transactions sur un an

Le marché immobilier est au bord de la surchauffe. Les notaires n'avaient jamais comptabilisé autant de transactions.

SeLoger et Century 21 ont beau constater une baisse des ventes depuis cet été, ce n'est pas encore du tout le cas au niveau des notaires. C'est même tout le contraire. A fin août 2021, il y a eu au cours des douze derniers mois 1.208.000 transactions dans l'ancien, selon la dernière note de conjoncture des notaires publiée ce jeudi. Soit une progression de 23% par rapport aux douze mois précédents et un nouveau record historique. Le précédent pic était de 1,123 million de ventes à fin mai 2021.

"La très forte fluidité du marché depuis la fin de la première période de confinement et la mise en place efficace d’amortisseurs économiques et sociaux ont permis aux Français d’accélérer ou de concrétiser leur projet immobilier", décryptent les notaires.

Ces derniers confirment d'ailleurs "des déplacements des grands centres métropolitains vers des communes de plus petite taille". Mais "pas d'exode urbain" pour autant. "La tendance constatée ne concerne qu’une partie de la population en capacité de s’organiser, tant personnellement que professionnellement", soulignent-ils encore.

Les prix des maisons s'envolent plus vite

Il y a en tout cas un rééquilibrage relatif des prix en faveur des petites communes, même si les écarts restent encore très importants par rapport aux grandes métropoles. Au deuxième trimestre de cette année, les prix des logements en dehors de la région parisienne progressent de 7% sur un an, soit davantage qu'au premier trimestre (+6,4% sur un an). Avec des tarifs qui gonflent, comme en début d'année, plus rapidement pour les maisons (+7,1% sur un an) que pour les appartements (+6,7%). Ce qui est plutôt inhabituel.

En Ile-de-France en revanche, les prix ralentissent un peu: +3,1% sur un an (après +4,8% sur un an au premier trimestre). Là aussi, les maisons (+5,1% sur un an) restent davantage prisées que les appartements (+2,1%). Et dans la capitale, "pour le deuxième trimestre consécutif, les prix des appartements sont en baisse: -0,6% entre le premier et le deuxième trimestre 2021", après -1,1% entre fin 2020 et début 2021. Sur un an, les prix des appartements à Paris sont en léger repli de 0,2% pour atteindre 10.650 euros.

Pour les autres grandes villes, voici les évolutions de prix médian au deuxième trimestre sur un an pour les appartements:

  • Rennes : +12,4% à 3.450 euros
  • Strasbourg : +10,6% à 3.110 euros
  • Marseille : +9,9% à 2.800 euros
  • Bordeaux : +8,2% à 4.580 euros
  • Nantes : +7,5% à 3.790 euros
  • Lyon : +6,1% à 5.040 euros
  • Toulouse : +5,9% à 3.210 euros
  • Lille : +4,6% à 3.650 euros
  • Montpellier : +3,9% à 3.000 euros
  • Nice : +0,6% à 4.090 euros

Les prix vont continuer de grimper selon les notaires

"Il conviendra néanmoins d’être attentif dans les mois à venir, afin de détecter si ces forts volumes n’ont pas procédé d’une anticipation voire d’une accélération de certains projets. Ces volumes ne seraient-ils pas révélateurs de transactions qui ne se feront pas demain? Le ratio actuel résultant de la division du nombre annuel de transactions dans l’ancien rapporté au parc global de logements ressort à 3,3%, alors qu’il était légèrement en deçà des 3 % fin 2019", expliquent les notaires.

Mais comment expliquer une telle divergence entre les données des notaires et celles des réseaux immobiliers et des portails d'annonces? Cela pourrait s'expliquer par un effet de décalage. Car les notaires prennent en compte pour le nombre de transactions les actes authentiques, qui suivent de 2 ou 3 mois les signatures de compromis de vente. Il faudra donc attendre plusieurs mois pour savoir si les notaires constatent, eux aussi, une baisse des transactions après cette période de frénésie.

Pas d'accalmie en revanche sur les prix dans les mois qui viennent selon eux. A partir des données des avant-contrats cette fois-ci, ils prévoient des progressions de 5,9% sur un an à fin novembre dans l'ancien pour les appartements et de 8,9% pour les maisons.

https://twitter.com/jl_delloro Jean-Louis Dell'Oro Rédacteur en chef adjoint BFM Éco