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Face à des prix qui ont flambé, les acheteurs immobiliers se font un peu plus rares

Après Century 21, SeLoger constate aussi une baisse du nombre de ventes depuis cet été. Et ce n'est pas lié qu'au traditionnel repli des transactions en période estivale.

La demande s'essouffle. Les acheteurs n'arrivent plus à suivre le marché immobilier et les ventes commencent à reculer. "Après plusieurs mois d’une progression rapide de l’activité, le rythme d’évolution de la production a commencé à nettement ralentir en juillet. Et ce ralentissement s’est renforcé durant tout l’été, au-delà de l’affaiblissement saisonnier habituel du marché", souligne ainsi Michel Mouillart, professeur d'économie à l’université de Paris Ouest et porte-parole du baromètre des prix immobiliers LPI-SeLoger.

Ainsi, le nombre de transactions dans l'ancien a reculé de 5,6% au troisième trimestre de cette année, par rapport à la même période de 2020, selon les dernières données du baromètre LPI-SeLoger publiées ce mercredi. Pour autant, comme il y avait eu une frénésie de ventes en début d'année, le volume de transactions reste plus important qu'en 2020 depuis janvier. Sur les neuf premiers mois de l'année, les ventes d'appartements ou de maisons dans l'ancien sont toujours en progression de 10,2% par rapport aux neuf premiers mois de 2020. Mais cela reste inférieur à l'avant-crise, où le nombre de ventes battait il est vrai tous les records historiques. Par rapport aux neufs premiers mois de 2019, SeLoger dénombre 9,2% de ventes en moins.

Ces données semblent confirmer celles du réseau d'agences Century 21, qui constate aussi un net tassement des ventes depuis l'été (-18,8% pour les maisons au troisième trimestre sur un an, et -10,6% pour les appartements). "Quand les prix ont trop monté, les volumes de ventes grippent. Quand les volumes de vente grippent, les acheteurs ne peuvent plus acheter. A ce moment-là, les vendeurs baissent leurs prix et les volumes peuvent reprendre", expliquait ainsi récemment sur BFM Business Laurent Vimont, PDG de Century 21.

Des hausses toujours très fortes à Lille et Strasbourg

De fait, les prix poursuivent leur progression, les prix au mètre carré des compromis signés sont encore en progression de 6,5% sur un an (pour la période juillet-septembre) pour les appartements, tandis que les prix des maisons reculent de 3,8% sur un an.

Dans le détail, les prix flambent encore dans des villes comme Strasbourg (+13,1%), Lille (+10,4%), Nice (+9,3%), Grenoble (+8,7%), Nantes (+8,4%), Montpellier (+7,9%) et Paris (+7,3%). La hausse est un peu plus modérée à Toulon (+5,9%), Toulouse (+5,7%), Marseille (+5,7%) et Bordeaux (+4%). "Depuis la fin du printemps, l’augmentation ralentit dans certaines villes de Province où les prix s’étaient emballés: par exemple à Metz, à Poitiers ou à Strasbourg où néanmoins la hausse est toujours à deux chiffres. Mais aussi à Nantes, à Orléans ou à Valence avec un freinage de l’augmentation", commente SeLoger.

Mais pour Michel Mouillart, c'est moins la hausse des prix qui pose problème que les banques, qui exigent des apports personnels de plus en plus conséquents, un phénomène souligné par le dernier observatoire Crédit Logement / CSA. "Si de nombreux candidats à l’achat ne peuvent plus rentrer sur le marché, ce n’est pas en raison de la hausse des prix de l’ancien, mais parce que les apports personnels exigés par les banques sont à des niveaux tels qu’une large partie de la demande potentielle est exclue du marché", juge le porte-parole de SeLoger. Mais il ne s'agirait pas d'oublier que la durée des crédits s'est déjà considérablement allongée au cours des dernières années et que les autorités ont imposé aux banques de faire plus attention pour limiter les risques d'impayés ou de surendettement.

https://twitter.com/jl_delloro Jean-Louis Dell'Oro Rédacteur en chef adjoint BFM Éco