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Une entreprise britannique sur trois prévoit des suppressions d’emplois d’ici fin septembre, selon une étude

L'économie britannique pourrait être durement touchée.

L'économie britannique pourrait être durement touchée. - Daniel Leal-Olivas / AFP

Les effets de la crise à la suite de la pandémie de coronavirus vont commencer à se faire sentir sur l'économie britannique, selon une nouvelle enquête.

Si l’avenir de la crise sanitaire reste des plus incertain, la crise économique liée à la pandémie de coronavirus, elle, ne fait que commencer. Au Royaume-Uni, une étude réalisée par le Chatered Institut of Personnel and Developpement (CIPD) a établi que le nombre d’employeurs prévoyant de procéder à des licenciements est passé de 22% à 33% pour le troisième trimestre de l’année. 

Bien que les intentions d’embauche ont augmenté - près de la moitié des employeurs prévoient d’embaucher de nouveaux employés au cours des trois prochains mois contre 40% au dernier trimestre - la confiance est à son plus bas niveau depuis la création de l’étude en 2013. 

Le solde net de l’emploi, qui mesure la différence entre la proportion d’employeurs prévoyant d’augmenter leurs effectifs et ceux qui prévoient de les diminuer, est passé de -4 à -8 points au cours des trois derniers mois. Les secteurs les plus touchés sont l’hôtellerie, les transports et la vente au détail qui tentent de se maintenir au mieux dans un contexte de crise sanitaire et de distanciation physique. 

Un “sombre automne” à prévoir pour l’emploi britannique

Cette dernière étude survient alors que le chancelier de l’Echiquier (le ministre des Finances et du Trésor britannique, NDLR) Rishi Sunak est appelé à étendre son programme de maintien de l’emploi, mis en place pour que la pandémie ne puisse causer de trop longs dommages à l’économie britannique, au delà d’octobre alors que les crainte d’une résurgence du virus subsistent. 

Gerwyn Davies du CIPD estime que l’étude annonce “un sombre automne” pour l’emploi britannique. “Il s’agit là des plus faibles données que nous ayons vu depuis des années. Jusqu’ici les licenciements ont été peu nombreux, en grande partie grace au plan de sauvegard de l’emploi, mais nous nous attendons à plus de licenciements au cours de l’automne, notamment dans le secteur privé” a-t-il déclaré au Financial Times.

Les intentions d’embauche en hausse ces derniers mois dans certains secteurs

L’étude établit que le perspectives de croissance salariale demeurent faibles, d’autant que deux employeurs privés sur cinq préparent un gel complet des salaires au cours des 12 prochains mois. 

La hausse des intentions d’embauche concorde avec une autre étude réalisée par The Association of Professional Staffing Companies (APSCO). Selon celle-ci, les postes vacants pour les cadres dans les domaines de l’informatique, des services professionnels et des finances ont augmenté en juillet pour le deuxième mois consécutif. 

Les postes vacants permanents pour ces secteurs d’activité ont augmenté de 18% entre juin et juillet dernier, bien qu’ils restent 36% inférieurs qu’à la même période en 2019.

“Il est encourageant de voir l’activité de recrutement continuer à croître de mois en mois. Alors que les baisses annuelles témoignent de l’impact significatif de la pandémie sur l’embauche, le fait d’observer au fil du temps de plus faibles baisses dans les comparaisons annuelles suggère que nous allons dans la bonne direction”, estime la directrice générale d’Apsco Ann Swain.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV