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Pourquoi l'économie française résiste aux grèves et aux mouvements sociaux

Avec des investissements étrangers en hausse et des faillites d'entreprises en baisse, l'économie française ne pâtit pas des grèves et des mouvements sociaux.

Une mauvaise image de la France à l'étranger? Des faillites à répétition dans l'Hexagone? La crise des gilets jaunes, les grèves dans les transports et les mouvements sociaux pouvaient laisser présager un atterrissage forcé pour l'économie française. Il semble qu'il n'en a -pour le moment- rien été. 

Les investisseurs étrangers ne semblent pas bouder la France comme en témoigne le sommet Choose France organisé cette semaine par l’Elysée. Ce sont huit milliards d’euros d’investissements qui ont été promis par des entreprises étrangères en France: plusieurs milliards d'euros pour les chantiers de l’Atlantique, un milliard d'euros annoncés par Coca Cola sur cinq pour agrandir son usine d’embouteillage. Mais aussi Toyota, Mastercard, Fedex, l’usine pharmaceutique AstraZeneca ou encore Netflix… Les entreprises étrangères et notamment américaines ont ouvert le carnet de chèques pour la France.

Et autre bonne nouvelle, les entreprises ont fait un peu moins faillite l'année dernière. On aurait pu croire qu’avec les gilets jaunes du début d'année ou les grèves de décembre dans les transports, l’économie française serait durement touchée. Il n’en a rien été. En 2019, le nombre de défaillances d’entreprises a encore chuté (à 52.000 selon le cabinet Altares) pour atteindre son plus bas niveau depuis 2008. En un an la baisse est de près 5% et de plus de 13% depuis 2016. Certains secteurs comme le commerce ont davantage souffert mais dans l’ensemble l’économie française semble très résiliente.

Plusieurs raisons expliquent cette attractivité française. Il y a d’abord très probablement un effet Brexit important. Les investissements direct étrangers ont chuté de 35% au Royaume-Uni en 2018 et une bonne partie s’est reportée sur la France. En témoigne l’investissement de la banque américaine JP Morgan dans un immeuble à Paris pouvant accueillir 450 salariés.

Le pays a aussi les avantages de ses faiblesse : la France a un taux de chômage relativement élevé (8,6%) par rapport à ses voisins, cela fait de la main d’œuvre disponible pour les entreprises qui veulent s'y implanter. Alors que les marchés de l'emploi sont très tendus en Allemagne et au Royaume-Uni.

La France jouit par ailleurs d’une bonne position en Europe, d’infrastructures de qualité (réseau routier, ferroviaire…), d’une énergie –notamment électrique- peu chère.

Et enfin bien sûr il y a les différentes réformes favorables aux entreprises et à l’embauche comme les baisses de charges, le CICE, les lois travail… Il n’y a pas d’étude qui analyse l’impact de ces différentes mesures, mais ces différentes réformes notamment sur le coût du travail ont créé un climat favorable aux affaires et propice à l'investissement.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco