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Pour le président d'Airbus: jusqu'à 3500 emplois sauvés en cas d'aides d'État de Paris et Berlin

"En France, les suppressions de postes pourraient finalement s'élever à 3.500 et non plus à  5.000" selon Guillaume Faury, président exécutif de l'avionneur européen.

"En France, les suppressions de postes pourraient finalement s'élever à 3.500 et non plus à 5.000" selon Guillaume Faury, président exécutif de l'avionneur européen. - PASCAL PAVANI © 2019 AFP

Quelque 3500 emplois pourraient être sauvés chez Airbus si l'Allemagne et la France apportent leur aide, affirme ce jeudi le président exécutif de l'avionneur, Guillaume Faury, dans un entretien au magazine allemand Der Spiegel.

Le patron français d'Airbus tempère l'ampleur de la facture sociale prévue qui prévoit la suppression de 15.000 postes dans le monde dont 5000 en France et 5100 en Allemagne.

Outre-Rhin, "nous pensons que jusqu'à 500 emplois pourraient être sauvés si, par exemple, le gouvernement fédéral nous appuyait dans le cadre du programme de développement d'avions à hydrogène. L'extension du chômage partiel à 24 mois pourrait en outre garantir jusqu'à 1500 emplois. Par exemple, le nombre de suppressions d'emplois prévues en Allemagne pourrait passer de 5100 à 3 100. Des discussions sont déjà en cours" explique Guillaume Faury dans le magazine allemand Der Spiegel.

En France, jusqu'à 1500 postes pourraient être sauvés

En France, "les suppressions de postes s'élèveraient en outre à 3500 et non plus 5000, ajoute-t-il, confirmant que le nombre de 5000 suppressions de postes ne prend pas en compte certains dispositifs d'aides propres à la France à même de sauver des postes.

"Le dispositif de chômage partiel de longue durée pourrait nous permettre de conserver environ un millier de salariés, dont il est raisonnable de penser qu'ils pourront retrouver une activité normale d'ici à deux ans, avec la reprise attendue du moyen-courrier" déclarait Guillaume Faury aux Échos ce jeudi.

Le patron d'Airbus évoque aussi les aides d'État au développement de l'avion du futur. "Rien que pour la France, l'augmentation du budget pour la recherche aéronautique devrait permettre de sauver 400 à 500 emplois. Mais on pourrait aussi imaginer un dispositif permettant aux personnes proches de la retraite, de prendre un départ anticipé" a-t-il ajouté aux Echos.

"Tout le monde sera traité de la même manière"

"Aucune décision finale n'a encore été prise", assure le président exécutif d'Airbus. "Avec notre annonce, un processus s'amorce", assure le dirigeant. "Mais je tiens à préciser une chose: Airbus est une société européenne. Quel que soit le pays d'origine dans lequel une personne vit et travaille, tout le monde sera traité de la même manière et tout sera équilibré et juste", répond Guillaume Faury aux reproches de l'Allemagne d'être plus touchée que d'autres pays par les suppressions de postes.
Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé avec AFP Journaliste BFM Éco